Première
par Lucie Chiquer
On y entre comme dans un moulin dans ce petit appartement bruyant du Caire. Cette cacophonie qui s’entend depuis la rue, le jeune Ahmet la doit à ses parents, ses deux frères, et, occasionnellement, tout un tas de tontons/amis/voisins qui occupent le canapé lors de matchs de foot. Lui, aspirant pianiste, rêve d’ailleurs. D’Autriche, plus précisément : là où vit sa correspondante, Liz, et là où la musique classique règne en maître. De 1967 jusqu’aux années 80, il partira, reviendra et finira par rester auprès des siens. Derrière cette joyeuse fresque familiale, drôle par occasion, transparaît celle d’une Égypte en pleine mutation, traversée par les conflits armés et transformations politiques. De ce film ambitieux qui ne manque jamais de souffle, on déplore parfois le rythme échevelé qui empêche de s’attacher aux personnages ordinaires de cette famille, elle, tout à fait extraordinaire.