Première
Si l’on ne savait pas que Nino dans la nuit est un film contemporain, tout laisserait à croire qu’il est un petit film confidentiel de la fin des années 1990 : la lourdeur de sa voix off, une ambiance punk anachronique et sa volonté affichée de s’inscrire dans l’héritage du Trainspotting de Danny Boyle (1996) ou l’esthétique criarde de Gaspar Noé… Le problème est là puisque le film sort dans la France de 2026, cherchant à critiquer des problèmes sociaux toujours actuels avec des images d’un autre temps. Nino, lumpen prolétaire de 20 ans, galère à survivre avec sa copine et ses amies : problèmes avec le proprio d’un logement pourri, soirées sous substances qui finissent systématiquement mal… aucun avenir viable ne semble les attendre. Derrière ces gros signaux, on ne voit rien de cette horreur, à la tendance d’ailleurs binaire (les femmes se font violet et les hommes ramassent des coups). Le réel est un peu plus complexe.
Nicolas Moreno