Toutes les critiques de Morlaix

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thierry Chèze

    L’espagnol Jaime Rosales (La Soledad) pose pour la première fois sa caméra en France mais sans perdre son goût pour les expérimentations cinématographiques. Tourné dans la cité finistérienne, Morlaix s’ouvre comme une chronique adolescente dans laquelle l’arrivée d’un étudiant au charme magnétique (Samuel Kircher, irrésistible) bouleverse la vie de Gwen (Aminthe Audiard, une révélation lumineuse), jeune femme en couple avec un de ses camarades de classe, qui va soudain ne plus savoir pour qui son cœur bat le plus. Jusqu’à ce que tout ce petit monde se retrouve dans une salle de cinéma à regarder un film… qui semble raconter leurs vies. L’ambiance rohmerienne lorgne alors vers une étrangeté à la Lynch. Et Rosales n’aura alors de cesse de brouiller les pistes, jouant avec les formats, passant du noir et blanc à la couleur et alternant plans-séquence et successions de photos fixes. L’exercice de style intrigue mais souffre de trop de longueurs pour que son artificialité et sa cérébralité ne finissent pas par assécher l’émotion vibrante de son entame.