Première
Aux rêves capitalistes d’une pop mondialisée capable de toucher des milliards (de personnes, de dollars), Love on trial répond par la spécificité culturelle. S’il existe bel et bien une scène J-Pop (pop japonaise) qui s’exporte à l’international, elle répond à des règles nationales, dont une, choquante pour l’occidental non-averti : le contrôle par les agents de la vie intime des artistes. Kôji Fukada (Au revoir l’été) illustre cette atteinte à la vie privée en partant d’affaires survenues au Japon ces dernières années. Sans transcender son sujet, le film a le mérite de présenter assez précisément les mécanismes misogynes propres au Japon, qui ont conduit à l’adoption généralisée de cette posture morale plus que douteuse. Et expliquent cet abîme déchirant entre l’innocence incarnée par cette jeune chanteuse au visage parfait, et l’injustice, la pression, le poids du combat qu’elle doit mener… pour le droit d’aimer.
Nicolas Moreno