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Les murmures du vent est donc un requiem. En son, mais plus encore en images. Elles sont sublimes. La question de la beauté persistante d'un pays devenu un enfer est au coeur de ce premier film inaugurant un style baroque et lyrique entre Kusturica et Paradjanov. Quand il ne cherche pas la commisération mais une simple écoute, il s'y élève un chant puissant et digne.
Toutes les critiques de Les murmures du vent
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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Les murmures du vent ne perd jamais son message en route. C'est un état des lieux puissant et contemplatif d'une nation en souffrance. Et l'histoire d'un postier qui, coûte que coûte, accomplit sa mission. Une heure quinze où tout est lumineux, sombre, triste et joyeux. La balade est grave et poétique. La musique une merveille.
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La réalisation, les cadres et la composition des plans sont inventifs, la musique est envoûtante et poignante et le film porte en lui les joies et les espoirs de tout un peuple et aussi ses souffrances et ses fantômes.
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Tout, dans Les Murmures du vent, est suggestion. Tout l'art du réalisateur est de représenter l'horreur ou le sursaut sans montrer de massacres, sans filmer de combats, juste par les vestiges d'une noce réprimée, des corps sous des bâches, des fumées, et des hurlements, des chants. Sélectionné au Festival de Cannes 2009 à la Semaine de la critique, Les Murmures du vent se situe dans la lignée des oeuvres de Paradjanov, chantre d'une Arménie assassinée.
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L’horreur est perceptible dans chaque élément de la nature dévastée et pourtant resplendissante qui nous est donnée à voir. Par ce qui n’existe plus, nous savons ce qu’il manque : la vie. Le personnage principal passe par un vaste cimetière où les victimes de Saddam Hussein sont enterrées. Cela se passe de tout commentaire, de gros plans ou de larmes ; l’affliction nous envahit et l’on reste marqué longtemps par ces images, cette horreur : on ne s’y habitue pas.
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Constitué d'une multitude de scènes surréalistes bouleversantes, ce film kurde nous jette au visage la réalité des atrocités commises par Saddam Hussein, dont le sinistre massacre d'Anfal. Lent, chargé de symboles et d'émotion, ce drame historique et allégorique vous laissera à jamais ai fond des yeux ses belles images hantées par trop de morts.
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Entre Tarkovski (l'arbre où sont accrochées toutes les radios confisquées, comme des icones christiques, à grand renfort de sublimation par travellings) et Kiarostami (l'évidente et malencontreuse affiliation), la marque du cinéaste peine peut être encore à sortir du carcan du bon disciple atavique envers un collège de maîtres. Faut-il pour autant condamner l'ingestion de telles influences picturales ? Dans l'hypothétique usage de la chose comme élan vers des sphères plus intimes, pas forcément. Shalim Alidi n'y réussit que par alternance. Mais ces fameux susurrements des éléments (l'animisme constant des décors et des messages zéphiriens), seule obsession finale de cet esthète en herbe, sont assurément le meilleur passeport pour une filmographie future que l'on devine fort stimulante.
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Au bord de l’affèterie, Les Murmures du vent s’affirme comme trip douloureux à travers folklore local et réhabilitation du ghetto-blaster contre la barbarie. Parfois saisi de truculence façon Kusturica des bons jours, le film est à son meilleur dans la mise en valeur des paysages, l’œil heureusement plus tristement contemplatif que National Geographic.
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Un personnage témoin et transmetteur de la mémoire meurtrie d’un pays dont le jeune cinéaste iranien fait le point d’ancrage d’une fiction où le symbolique tutoie le politique.


