Toutes les critiques de Les Madeleines

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thierry Chèze

    Stéphane-Jacques auquel a choisi de s’intéresser Arthur Dreyfus (Noël et sa mère) a tout du personnage hors-normes et impossible à enfermer dans une quelconque case. Amateur de Proust… et de fist-fucking, il raconte face caméra une existence mouvementée entre une mère bien perchée qui adorait qu’il partage avec elle ses expériences homosexuelles de backroom, un père ayant constamment chercher à le détruire, le SIDA qu’il a contracté dans ces années 80... Des confidences recueillies depuis son appartement riche en œuvres d’art, semblable à l’antre d’un vampire. Le tout avec un réel sens de conteur et des ruptures de rythme qui fait que derrière son humour cinglant l’émotion pointe en permanence. Arthur Dreyfus a pour lui la qualité de son regard, empathique et jamais ironique, qui empêche de réduire Stéphane-Jacques à une simple figure pittoresque. Mais le format de 90 minutes n’était pas peut-être pas le plus approprié pour épouser au plus près cette verve et cette vie ayant emprunté, volontairement ou contraint, tous les chemins de traverse qui se présentaient devant lui. Car tout paraît tellement insensé que le temps long finit parfois par jouer contre ce documentaire alors qu’un 52 minutes, plus ramassé, aurait pu renforcer encore davantage l’effet de sidération qu’on ressent devant ses confidences.