Toutes les critiques de Les Heures heureuses

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thomas Baurez

    L’image archive innerve ce documentaire qui nous plonge dans l’histoire secrète d’un hôpital psychiatrique située à Saint-Alban en Lozère. « Secrète », car cet établissement s’est toujours situé à l’écart du tumulte, des fracas de la société. Dès les années trente, les malades mentaux circulent quasi librement dans les rues et les champs, participent à la vie quotidienne effectuant divers travaux : reliure, menuiserie et même développement photographique. Les malades ne sont pas des « prisonniers » comme partout ailleurs. Durant l’Occupation, l’hôpital devient même un lieu de résistance qui accueille des réfugiés dont Paul Eluard et Georges Sadoul. Plus tard, Jean Dubuffet y fera s’épanouir son « Art brut ». Dans ce beau documentaire, les voix-off témoignent d’un monde à part où l’humanisme est porté en étendard, où la sagesse a permis de réinventer la psychiatrie. Particulièrement émouvant.