Date de sortie 18 février 2026
Durée 121 mn
Réalisé par Anthony Marciano
Avec Jean-Pascal Zadi , Raphaël Quenard , Olga Mouak
Scénariste(s) Anthony Marciano
Distributeur Gaumont
Année de production 2026
Pays de production France
Genre Comédie
Couleur Couleur

Synopsis

Personne n'aurait parié sur Jérémy, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna, lorsqu'il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d'anglais plus qu’approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent en NBA.Inspiré d’une histoire vraie, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur Rêve Américain.

Critiques de Le Rêve américain

  1. Première
    par Gael Golhen

    Le titre promet le mythe fondateur, le film raconte le prix qu’il en coûtera. Avec Le Rêve américain, Anthony Marciano délaisse le vertige pop de Play pour un biopic plus classique en apparence, moins immédiatement "concept" - mais qui finit par tout emporter. C’est que son Amérique n'est pas qu’un slogan : c'est un mirage intime. Celui auquel on s'accroche quand on n'a aucune raison d'y croire.
    Avec Play, Marciano avait suivi les souvenirs camescopés d’un quadra slacker. Le dispositif found- footage était audacieux et réveillait les pulsions nostalgiques de toute une génération. Ici, fini les béquilles formelles : il s’agit juste de deux mecs et de leur rêve bancal. L’histoire vraie de Jérémy Medjana qui végète derrière le comptoir d'un vidéoclub à Amiens et de Bouna Ndiaye qui fait des ménages à l'aéroport d'Orly. Sans contacts, sans argent, avec un anglais "plus qu'approximatif", rien ne les prédestine à devenir des agents qui comptent en NBA. Et pourtant, contre toute logique, ils décident de foncer. Le film raconte cette obstination : les portes qui se ferment, les humiliations… et l'amitié comme carburant de secours quand tout le reste fout le camp.

    C'est précisément là que Marciano déjoue les clichés. Le Rêve américain n'est pas une success story en mode reel motivationnel. L'enjeu est de voir jusqu'où ces deux doux rêveurs vont aller. Et au lieu de faire de la NBA un totem, le film en montre les coulisses verrouillées, les codes impénétrables. La NBA devient un décor de comédie sociale - un monde où deux Français partis de nulle part doivent inventer leurs propres règles pour exister. Marciano y ajoute un paradoxe amusant : il choisit de filmer ce désenchantement "à l'américaine". Visuellement, son film colle donc aux fantasmes de ses gamins français. Cadres larges qui capturent l'horizontalité des parkings, salles de gym désertes, couloirs d'hôtel ; couleurs rutilantes et mouvement d’appareils glorieux… Le tournage entre la France et le Canada crée une "Amérique" reconstituée, plus mentale que documentaire. Au fond, Marciano épouse la grammaire du cinéma yankee pour mieux filmer le gouffre : Bouna et Jérémy sont toujours dans le décor américain, mais jamais tout à fait de ce décor. C'est cet entre-deux qui crée la tension et la richesse du film.

    Mais la vraie réussite tient surtout au tandem central. Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard ne jouent pas "Zadi" et "Quenard" : Marciano a voulu qu'ils abandonnent leurs personnages médiatiques pour qu'on sente leur sincérité. Zadi donne à Bouna une poigne tranquille, un charisme de meneur. Quenard devient Jérémy en douceur nerveuse, tendre, presque fragile. Et leur dynamique fait tout : l'un pousse, l'autre doute, puis inversement. Le cinéaste filme cette amitié comme une chorégraphie. Il y a les scènes où ils répètent leur pitch dans la voiture, celles où ils essuient des humiliations, et d’autres où ils transforment le moindre "oui" en victoire. Tout cela sonne juste parce qu'on les croit vraiment potes. Leur duo fait plus que porter le film : il lui donne son étoffe.

    Moins concept que Play, Le Rêve américain perd en éclat immédiat ce qu'il gagne en persistance. Car le vrai sujet, c’est ce qui nous fait avancer : l'amitié comme discipline, la débrouille comme morale, et ce moment où un fantasme se matérialise. Jusqu'à ce premier "gros coup" - la signature du contrat de Nicolas Batum en 2012 - qui donne soudain un poids réel à ce qui ressemblait, jusque-là, à une blague racontée trop fort.