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Dans Le pensionnat, son premier long, le cinéaste thaïlandais Songyos Sugmakanan parvient à insuffler originalité et ambition à un genre trop souvent galvaudé en Asie. A défaut d'attirer le public contemporain d'un cinéma fantastique hyperbolique, le film se distingue par la subtilité de ses atmosphères et la délicatesse avec laquelle il évoque le monde intérieur des enfants.
Toutes les critiques de Le Pensionnat
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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Amateurs de fantastique à l’américaine, passez votre chemin. Vous ne trouverez dans ce dortoir thaïlandais qu’une ambiance de mystère et de frissons peu encline à assouvir votre faim de revenants se repaissant de boyaux humains. Seulement un scénario (dictionnaire page des S) finement troussé, une maîtrise de cette délicieuse frousse qui vous chatouille l’épine dorsale au fur et à mesure que le jeune héros se noue d’amitié un bien étrange garçon. Les deux jeunes protagonistes sont absolument épatants, tout comme le reste du casting en tous points remarquable. Fantômes et humains confondus nous filent la chair de poule et nous offrent un moment de frayeur des plus jouissifs.
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A première vue, un film de fantômes classique. A première vue seulement. Outre le passage de l'enfance à l'adolescence, jalonné d'épreuves initiatiques, ce récit émouvant aborde, l'air de rien, le drame de l'explosion de la cellule familale, du déracinement, de l'absence de communication.
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Une histoire de fantômes certes avec une jolie tendance « Les disparus de Saint-Agil » mais ici pas d’enquête policière. Le jeune garçon, ici confronté à la séparation, à un dilemme, à la mort, apprend ainsi à grandir et à pardonner. Ce conte subtil use des trompeuses apparences, du paysage fantastique (le noir, le silence, les lieux vides) et le mêle aux sentiments, aux peurs et aux découvertes d’un enfant, au cours d’une traversée du miroir fine et sensible.
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Dommage que, dans la seconde partie, le film ne tienne pas totalement ses promesses. Même si, entre deux répétitions et trois fausses fins, surgissent jusqu’au bout de belles trouvailles visuelles : notamment la façon dont le malheureux Wichien revit, chaque soir, sa noyade… Brillant – esthétisant, même – Le Pensionnat baigne dans une mélancolie poisseuse, qui s’éclaire dès lors qu’ados et adultes parviennent à faire la paix avec eux-mêmes.
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Impossible de ne pas songer à L'échine du diable, de Guillermo Del Toro. De la même manière, ce film thaïlandais traite, par les voies effrayantes du surnaturel, les affres d'un enfant abandonné à son mauvais sort et livré à ses cauchemars. Inégal mais prenant, angoissant mais attendrissant, ce film fantastique privilégie, finalement, le bonheur à l'horreur.


