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Bien que Césarisé en 2022, Première avait peu goûté le précédent documentaire de Vincent Munier (co- signé avec Marie Amiguet), Le Panthère des neiges où, dans cette déclinaison cinéma de son Prix Renaudot, l’incapacité de Sylvain Tesson à s’effacer derrière la beauté des images créait comme un mur impossible à franchir. Tout le contraire de ce qui est ici à l’œuvre dans sa première réalisation solo. Cette manière de saisir la nature en action - les arbres qui ploient sous la neige, le grognement d'un cerf, le claquètement des grues… - en laissant toute sa place au silence. Et sa capacité à tisser un lien entre cette nature et sa propre histoire. Lui, fils de naturaliste qui lui a offert son premier appareil photo à 12 ans, et père d’un garçon, impatient à son tour de faire de ces bois son terrain de jeu. Le Chant des forêts réunit ces trois générations à l’écran et célèbre la transmission avec une sensibilité dépourvue de toute mièvrerie.


