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Recevoir un prix qui honore sa carrière, ça se fête. Certains choisiront un restaurant en famille, d’autres une soirée entre amis. Lina, styliste argentine tout juste primée, enjambe la rambarde d’un pont et se jette dans un fleuve. Une pulsion morbide qui précède son retour à Buenos Aires, l’air de rien. Ou presque. La jeune femme développe une phobie de l’eau qui l’oblige à user de stratagèmes plus ou moins extrêmes pour se laver. Mais très vite, Las Corrientes se perd dans un maelstrom d’images symboliques pensées pour leur esthétisme. Une mise en scène qui renvoie à l'état de rêverie de Lina, si tant est qu’on accepte le traitement vaniteux d’un sujet aussi sérieux que la dépression. Difficile de passer outre cette dissonance. « Rien n'est original. Ce qui compte, c'est la perspective qu'on apporte » prononcera Lina, à l’instant où il devient limpide que c’est précisément ce qui fait défaut à ce film.


