Première
par Lucie Chiquer
Au Japon, s’ennuyer relève du sport national. Prenez Perfect Days, où la routine d’un agent d’entretien de toilettes publiques invite à la contemplation. En ce sens, le quotidien monotone de Nozomi, vendeuse dans un konbini (ces supérettes japonaises ouvertes 24h/24), remplissait tous les critères. Sauf un : se prêter au langage cinématographique. Car la réalisatrice Yuho Ishibashi arrache cette histoire des pages du roman La Fille de la supérette, mais ne lui incombe qu’une paresseuse mise en scène. Seules défilent les journées d’une caissière, dont la banalité laisse de marbre : jamais elles ne réjouissent, ni ne donnent le cafard, ni ne questionnent sur les désillusions de la vie d’adulte. Ou bien si, mais au cours des dernières minutes, alors que Nozomi redécouvre le bonheur dans les petits détails. Une fin élégante, mais incapable de sauver ce film chronophage. N’est pas Wim Wenders qui veut.