Première
La voix de la jeune Clara, doula de profession, accompagne l’accouchement des femmes de sa communauté quechua. Elle et sa mère assistent tous les jours au miracle de la vie – à son drame, aussi. Le poids de la tradition est lourd à porter pour celle qui, l’oreille gluée à son poste de radio, aspire à se produire sur scène. Et finit, crise d’ado prévisible, par s’en aller poursuivre son rêve. Dans Wiñay déjà (qui voyait deux femmes de la ville entamer un voyage introspectif dans la jungle péruvienne), Alvaro Olmos Torrico interrogeait les frottements culturels à l’ère d’une mondialisation écrasante. Ici, il observe au microscope la douloureuse agonie de traditions natives dont la spiritualité est “parasitée” par l’arrivée de pratiques occidentales, par le départ des plus jeunes. Le cinéaste bolivien filme superbement clash générationnel et soulèvement d’un féminin refusant l’archaïsme de certaines coutumes.
Chloé Delos-Eray