Titre original Dead man's Wire
Date de sortie 15 avril 2026
Durée 105 mn
Réalisé par Gus Van Sant
Avec Bill Skarsgård , Colman Domingo , Al Pacino
Scénariste(s) Gus Van Sant
Distributeur ARP
Année de production 2025
Pays de production Etats-Unis
Genre Thriller

Synopsis

Inspiré d’une histoire vraie. 1977, la relation entre Tony Kiritsis, un ancien promoteur immobilier ayant mis sa tête à prix, et celle du banquier hypothécaire qui lui a fait du tort, exigeant 5 millions de dollars et des excuses personnelles.

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Critiques de La Corde au cou

  1. Première
    par Thomas Baurez

    Né en 1952 soit bien avant l’avènement de la froideur numérique, Gus van Sant est un cinéaste de la matière organique. Matière qu’il malaxe, interroge, érotise, devenant le chantre d’une sensualité forgée le plus souvent sur des peaux adolescentes. Chez lui, les formats sont mouvants et l’image peut connaître différents régimes. Ainsi dans Paranoïd Park (2007) son dernier grand film travaillait les tourments de son protagoniste par un mélange d’images en Super 8, 35 mm, ralentis..., rendant ainsi compte d’une spatialisation instable. On retrouve peu ou prou ce procédé dans cette Corde au cou (que, pour des raisons de budget, il a dû renoncer à tourner en pellicule) Ce qui chez d’autres aurait valeur d’afféteries stylistiques renvoie donc chez le cinéaste à une volonté de faire corps avec la texture même du film, de saisir les vibrations du cadre. Il y aurait pourtant ici un risque de redondance voire de pléonasme puisque le sujet de cette comédie dramatique est la façon dont un pauvre bougre supposément trompé par une compagnie de prêts va se servir des médias - donc de l’image et du son - pour se faire entendre. En février 1977 à Indianapolis, Tony Kristis (Bill Skarsgård) kidnappe le fils du boss de l’entreprise en question (Dacre Montgomery), le retient chez lui arme au poing, exige réparation devenant l’espace de quelques heures le héros cathodique d’une Amérique soudain prise de passion pour cet acte désespéré joué en quasi live. A l’aide d’une esthétique volontairement ton sur ton (dominante de couleurs fades pour mieux plaquer ses protagonistes dans un décor en sommeil), cette Corde au cou dialogue avec le récent The Mastermind de Kelly Reichardt. Tous deux partagent ce regard distant vis-à-vis d’une époque dépouillée de son vernis romantique habituel. L’histoire de Kristis est vraie et le cinéaste se base sur des archives d’époque dont la divulgation lors du générique de fin rend compte (valide ?) la forme employée. Les images heurtées et très mobiles du reportage se superposent à des images arrêtées et autres effets vintages (splitscreens), quand il ne s’agit pas d’extraits de vieux westerns saisis dans le poste cubique de l’appartement de Kristis. La mise en scène traduit la tension d’une actualité soudain amplifiée, consciente que les évènements décrits ici sont l’instant originel de ce que nous vivons aujourd’hui. « On contrôle plus ce qui se passe à l’antenne maintenant ! » Etrange angoisse vis-à-vis d’un direct encore exceptionnel.

    Sidney Lumet avec son Après-midi de chien en 1975 (dont l’acteur principal, Al Pacino, est aussi au générique de La Corde au cou ) avait toutefois poussé cette folie à un niveau d’incandescence inégalé. Plus doux, van Sant aurait même tendance à atténuer les éclairs du réel. L’une des fameuses archives du vrai Kristis le montrent ainsi entouré d’une foule d’officiels et de journalistes. Soudain un intru vient se placer entre lui et l’objectif des caméras. Il se retire aussitôt conscient de sa faute : « Pardon, c’est votre show ! » Van Sant cinéaste du désir charnel réinterroge la pertinence d’un corps dans un espace saturé de lui-même. Dès lors que ce corps a conscience de sa valeur, il perd de sa pureté. Dans son Prête à tout (1995), on se souvient que les ambitions cathodiques de l’héroïne exigeaient une omniprésence et donc à la suppression de ce qui pouvaient faire écran entre elle et le cadre. Kristis guidé certes par le désespoir rejoue presque sans le savoir la même partition monstrueuse.  

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