Première
Inclassable, Alexandre Steiger l'est sans contexte. Que ce soit comme comédien optant pour des projets souvent atypiques à l'image de mini-séries telles qu'Aspergirl ou Les Espions de la terreur ou d'un film comme Le Beau rôle. Mais aussi comme cinéaste, en témoignent ses deux courts métrages, De longs discours dans vos cheveux et Pourquoi j'ai écrit la Bible, aux univers aussi détonants que leurs titres. Pour son premier long, dont il signe le scénario, il poursuit sur cette voie. Et propose le portrait de deux marginaux : Félix, qui traîne son mal-être et son corps dégingandé dans les chambres et les couloirs de l'hôtel hors d'âge de son père, et Lola, militante écolo bien décidée à saboter le Salon de la chasse, que rien ne prédestinait à faire se rencontrer. Mais, pour une fois, Steiger maîtrise mal le curseur de l’absurde, tant et si bien que l'on peine à comprendre ce qu'il entend démontrer ou dénoncer réellement et que L’Ecologie des sentiments vire à l'ennui à force de sembler tourner à vide.
Anne Lenoir