Première
Misa et Takatoshi ont mal à l’âme. La première s’emporte pour un rien, submergée par les fluctuations hormonales d’un syndrome prémenstruel impossible à vivre – également connu sous l’acronyme de SPM et encore trop tabou. Le second, victime de crises de panique chroniques, va partout à pied, incapable de monter dans les transports. Si semblables et pourtant si différents, leurs chemins se croisent et se décroisent à la faveur des astres étudiés par l’entreprise scientifique qui les emploie. Si la santé mentale a connu un regain d’intérêt dans la production mondiale de ces dernières années, elle est rarement décryptée avec autant de délicatesse que celle déployée par Sho Miyake. De la dureté de la condition de Misa et Takatoshi naît une poésie dont le réalisateur japonais détient le secret. Après La Beauté du geste (2022) autour d’une boxeuse sourde, il signe un nouveau film solaire, lumineux, tout en nuances et en bienveillance.
Chloé Delos- Eray