- Première
Il y a cinq ans, la grande surprise provoquée par Junk Head se soldait par un goût amer, un final sans queue ni tête, un univers et une forme unique condamnés à la vanité. Junk World, annoncé comme un préquel de Junk Head, développe en effet l’origine de ce monde dystopique composé d’êtres immortels, de cyborgs et autres soldats humains. Et pourtant, le film se heurte aux mêmes limites que son prédécesseur : en dépit de l’immense inventivité des plans composés par Takahide Hori, le récit demeure balbutiant, incertain quand il n’est pas tout simplement lourd. Voire même pénible lorsqu’il s’amuse à rejouer à l’identique ou presque des séquences entières (on y imagine un gain de temps pour le cinéaste), simplement pour illustrer le schéma politique de dominants asservissant les dominés jusqu’à ce que des rebelles tentent de les renverser. Résultat des courses : une forme qui ne surprend même plus et un fond qui ne décolle toujours pas.
Nicolas Moreno


