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À des lieues de la révolution de la place Tahrir, la réalisatrice, qui a des racines égyptiennes, pose sa caméra dans la vallée de Louxor. Elle y interroge un paysan, Farraj, sa femme et ses enfants. Le temps s’écoule lentement, le film aussi. Il a le mérite de consigner une réalité que peu de documentaires s’attachent à restituer : les travaux et les jours, l’espoir en une démocratie, l’attente, la désillusion.
Toutes les critiques de Je suis le peuple
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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Frôlant toujours la discussion de comptoir sans y tomber réellement, "Je suis un peuple" rappelle, par le petit bout de la lorgnette, combien la démocratie peut créer des espoirs aussi vite qu’elle les déçoit. Surtout, ce portrait montre à quel point les manœuvres politiques en hautes sphères ballottent les gens ordinaires, les atteignant dans leurs identités et leurs convictions les plus intimes.
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Entre réflexion politique et chronique intime, le regard de la cinéaste reste constamment intelligent, vif et chaleureux.
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Je suis le peuple se conclut par une parade militaire, qui sanctionne le retour au pouvoir de ceux que Farraj Jalal et sa famille avaient cru voir partir. C’est un épilogue amer pour un film dont la douceur vaut l’intelligence.
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(...) un film d’immersion poignant, dont la grande réussite tient au rapport intime qu’elle tisse avec une révolution bien plus profonde que le renversement d’un régime politique.
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L’humour vache fuse, les critiques vont bon train, le trait d’esprit féroce, qui se joue des présupposés de chacun, étonne et redessine subtilement les contours de cette Égypte millénaire où cohabitent moulins made in China et montgolfières anachroniques qui s’élèvent vaillamment dans un ciel ancestral.
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Le film apparaît encore plus éclairant depuis le retour de l’armée au pouvoir, avec Abdel Fatah al-Sissi. Cet éveil démocratique paradoxal n’est jamais filmé avec une condescendance surplombante.
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A défaut de refaire une révolution qui de toute façon n’a pas abouti, ce dispositif contradictoire distille une belle forme d’espérance.
Je suis le peuple

