Toutes les critiques de Holly destructors

Les critiques de Première

  1. Première
    par Lucie Chiquer

    Pas vraiment documentaire, pas vraiment œuvre muséale, Holly destructors sera une chimère des deux, objet autant insolite qu’insaisissable. Par ce format d'image circulaire qui imite la vision à travers un microscope, la cinéaste Aistė Žegulytė nous incite à examiner à la loupe l'infiniment petit (les champignons qui endommagent les œuvres d'art) et, par la même occasion, l’inéluctable passage du temps. Il y a quelque chose de quasi irréel dans ce Memento mori déguisé en film. Entre quelques scènes austères de restaurations et de cérémonies religieuses, l’évolution en accéléré de ces micro-organismes fongiques nous hypnotise, leur beauté formelle nous émeut. Mais la claque restera purement visuelle. Aussi ingénieux soit-il, le dispositif de Holly destructors mute très vite en diaporama monotone. L’ambition était trop colossale, le sujet trop microscopique, et la rencontre des deux, lassante.