-
Pas vraiment documentaire, pas vraiment œuvre muséale, Holly destructors sera une chimère des deux, objet autant insolite qu’insaisissable. Par ce format d'image circulaire qui imite la vision à travers un microscope, la cinéaste Aistė Žegulytė nous incite à examiner à la loupe l'infiniment petit (les champignons qui endommagent les œuvres d'art) et, par la même occasion, l’inéluctable passage du temps. Il y a quelque chose de quasi irréel dans ce Memento mori déguisé en film. Entre quelques scènes austères de restaurations et de cérémonies religieuses, l’évolution en accéléré de ces micro-organismes fongiques nous hypnotise, leur beauté formelle nous émeut. Mais la claque restera purement visuelle. Aussi ingénieux soit-il, le dispositif de Holly destructors mute très vite en diaporama monotone. L’ambition était trop colossale, le sujet trop microscopique, et la rencontre des deux, lassante.


