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Les deux premiers films de Damian McCarthy, Caveat et Oddity, ont imposé le jeune irlandais en étoile montante de l’horreur. Un cinéaste aux obsessions déjà bien identifiées, qui mêlent une passion maniaque pour les objets insolites et menaçants, à un goût prononcé pour les huis-clos, les intérieurs obscurs et l’architecture claustro.
Son talent topographique et ses passions de brocanteur zarbi s’épanouissent superbement dans Hokum, film d’hôtel hanté qui assume son pedigree « stephen-kingien ». Le héros du film est un écrivain américain prénommé Ohm, qui fait son check-in dans un hôtel irlandais, où ses parents décédés ont passé leur lune de miel des années auparavant, et dans les environs duquel il compte disperser leurs cendres. Le romancier a des problèmes d’alcool et de page blanche, mais il a la tête d’Adam Scott, pas de Jack Nicholson – la partition à la Shining sera donc jouée sur un ton moins grandiloquent que chez Kubrick. Notre Ohm va surtout devoir se confronter au folklore local, en choisissant d’entrer dans une chambre pourtant interdite aux visiteurs…
McCarthy prend un plaisir contagieux à quadriller l’espace de son hôtel surnaturel, à croquer avec malice des silhouettes bien flippantes (le directeur qui terrorise les enfants, le groom obséquieux, le vieil ermite errant dans les bois…), à filmer une ribambelle de bibelots kitsch avec une insistance malaisante, bref, à exploiter les potentialités du lieu, de la sonnette de la réception à une utilisation mémorable du monte-charge. On pourra lui reprocher d’avoir la main un peu lourde au moment de conclure sa fable et d’en souligner la dimension symbolique. La déambulation dans Hokum est peut-être un peu trop fléchée, c’est vrai. Mais la déco y est démente.
Hokum

