Toutes les critiques de Grand ciel

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thierry Chèze

    Après deux courts Akihiro Hata poursuit son exploration du monde du travail avec son premier long autour d’une équipe de nuit du chantier d’un nouveau éco- quartier futuriste. Et se concentre sur l’affrontement entre deux ouvriers ; l’un expérimenté (Samir Guesmi) très à cheval sur les questions de sécurité, négligées par leur employeur, l’autre nouveau venu (Damien Bonnard) moins regardant car étranglé financièrement. Jusqu’au jour où l’un de leurs collègues disparaît. A-t-il démissionné ou est- il mort accidentellement avant qu’on fasse disparaître son corps ? Ce questionnement opère la mutation de Grand ciel de la chronique sociale au fantastique en faisant de ce chantier aux grondements anxiogènes un personnage à part entière, sorte d’ogre avalant ces forçats du travail. Le minutieux travail à la lumière de David Chizallet (Mustang) participe à ce climat de tension angoissante symbolisant la manière dont la précarité conduit à la disparition d’identité des plus faibles. Captivant et troublant.