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Après deux courts Akihiro Hata poursuit son exploration du monde du travail avec son premier long autour d’une équipe de nuit du chantier d’un nouveau éco- quartier futuriste. Et se concentre sur l’affrontement entre deux ouvriers ; l’un expérimenté (Samir Guesmi) très à cheval sur les questions de sécurité, négligées par leur employeur, l’autre nouveau venu (Damien Bonnard) moins regardant car étranglé financièrement. Jusqu’au jour où l’un de leurs collègues disparaît. A-t-il démissionné ou est- il mort accidentellement avant qu’on fasse disparaître son corps ? Ce questionnement opère la mutation de Grand ciel de la chronique sociale au fantastique en faisant de ce chantier aux grondements anxiogènes un personnage à part entière, sorte d’ogre avalant ces forçats du travail. Le minutieux travail à la lumière de David Chizallet (Mustang) participe à ce climat de tension angoissante symbolisant la manière dont la précarité conduit à la disparition d’identité des plus faibles. Captivant et troublant.
Grand ciel

