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Deux mois après le film de Jean- Claude Barny (qui a connu un vif succès avec plus de 150 000 entrées à la clé), revoici Frantz Fanon, héros d’un autre film qui se concentre exactement sur la même période. Ces années – entre 1953 et 1956 - où ce psychiatre et cet essayiste français originaire de la Martinique, l’auteur des Damnés de la Terre et co- fondateur du courant de pensée tiers- mondiste fut chef de service à l’hôpital psychiatrique de Blida en Algérie. Le réalisateur Abdenour Zanah connaît son sujet sur le bout des doigts pour avoir déjà consacré un documentaire, Mémoire d’asile, sur cette partie- là, pas la plus spontanément connue de son existence. Mais son parti pris formel (le noir et blanc) et plus encore la théâtralité qu’il a souhaité impulser dans les dialogues et par ricochet leurs interprétations – aussi ambitieux soit- il – crée une distance avec son propos et finit hélas parfois par le rendre inaudible. A l’inverse de la démarche de Jean- Claude Barny, où la pédagogie et l’artistique cohabitaient sans que l’un étouffe l’autre.


