Toutes les critiques de Didy

Les critiques de Première

  1. Première
    par Lucie Chiquer

    Pour le petit Gaël Kamilindi qui fuit le Burundi et s’exile en Suisse du haut de ses sept ans, l’année 1993 sonne le glas du souvenir de sa mère, Didy, décédée un an plus tôt du sida. Comment, trente ans plus tard, se la remémorer ? En demandant de l’aide à toutes les autres femmes de sa vie. Le visage de Didy renaîtra grâce à son amie, l’actrice Kayije Kagame (découverte dans Saint Omer), troublant sosie de sa mère dont les apparitions hanteront le film. Il invoquera ensuite son esprit sur les terres du Rwanda, en déterrant des fragments d’elle chez les sœurs, amies et collègues qui ont partagé sa vie. Et de cet intime dévastateur, naît l’universel. En brossant le portrait de sa mère, Gaël Kamilindi esquisse en creux celui d’une génération de femmes marquées par des années de répression et de génocide. C’est finalement avec beaucoup de délicatesse et d’acuité qu’il s’emploie à conjurer l’oubli.