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Gros succès en Italie avec plus de deux millions d’entrées, cette nouvelle comédie dramatique de Ferzan Özpetek (Pour toujours…) rafle des prix du public un peu partout. Et de fait, ce mélodrame leur est servi sur un plateau d’argent avec ses stars maisons, sa flamboyance ornementale, ses intentions soulignées au Stabilo rose fluo et sa prédisposition à l’effusion permanente des sentiments… L’émotion passe constamment en force à coup d’effets de mise en scène aussi balourds qu’une meringue-supplément chantilly (La musique pitié !) Özpetek dans son propre rôle joue ici un cinéaste qui réunit ses actrices pour leur parler d’un film censé célébrer les femmes. Nous voici soudain plongé dans l’Italie des seventies au sein d’un atelier de haute couture spécialisé dans le cinéma. Ce lieu devient le théâtre de petites intrigues plus ou moins intimes qui vanteraient les mérites de la sororité : « On est comme des fourmis, on dirait qu’on ne compte pour rien mais … toutes ensemble… » Voilà pour le message. Mais à défaut de sortir les personnages du moule dans lesquels ils sont façonnés, chaque protagoniste porte en bandoulière son stéréotype : la rebelle, la soumise, la passionnée… On sort de ce sous-Almodovar lessivé par tant de portes ouvertes. Grosse fatigue.


