Première
Ce premier long cherche à explorer les dérives adolescentes à travers une dystopie qui aligne les clichés… Des adolescents se retrouvent à une fête: le populaire qui fait partie de l’équipe sportive, la fille à papa richissime, l’artiste incompris et l’intello introvertie… Bien sûr au milieu de tout ça, il y a les gobelets rouges, la drogue et le mascara coulant. C’est le temps des seize printemps et celui des découvertes. Bien des cinéastes mettent en scène cette étape si particulière de l’existence, entre l’âge adulte et l’enfance, pour en capturer la singularité, l’étrangeté aussi. Si le manque de budget y est sûrement pour quelque chose, il n’explique pas pour autant la narration confuse du film. Les dialogues composés de phrases toutes faites empêchent la dimension tragique d’exister. Le long-métrage livre cependant quelques jolies scènes portées par l’impulsion des acteurs. On espère alors que le film prenne un autre tournant, mais sitôt la poésie terminée, le récit reprend ses stéréotypes. Jusqu’aux costumes, le jeune cinéaste imite sans subtilité les codes d’une adolescence inspirée de la culture américaine. On attend le réalisateur pour un deuxième long-métrage un peu plus abouti.
Lou Valette