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Les critiques de Première

  1. Première
    par Thomas Baurez

    Le corps céleste du titre stagne dans le ciel de Paris laissant échapper ses traces lumineuses. Sur terre, telles des fourmis ouvrières, les hommes et les femmes se débattent comme ils/elles le peuvent. Elie Wajeman (Médecin de nuit) tente ici la dimension chorale ou plutôt retente puisque ses Anarchistes en 2015 jouait déjà sur une notion de groupe plus ou moins fragmentée. Sous la voute étoilée donc, il y a notamment deux frères qui essaient de s’accorder, une troupe théâtrale répétant du Tchekhov sur le point d’imploser. Le postulat de départ que ne renierait pas Cédric Klapisch ou Claude Lelouch, tous deux les chantres d’un humanisme béat, cherche plutôt à explorer les tréfonds d’une mélancolie tenace. Les protagonistes semblent, en effet, se mouvoir à tâtons dans l’obscurité. Si les rayons de la fameuse comète n’atteignent pas la surface des choses, leur beauté souveraine et irréelle invite à croire à un réenchantement possible. Il n’empêche que tout ce petit monde arc-bouté contre ses problèmes persos peine à revendiquer autre chose que leur égotisme. Le côté choral ne produit rien d’autre que des individualités côte-à-côte sans jamais vraiment créer du collectif. On regarde le ciel en se demandant un peu ce que l’astre a de bien nouveau à nous raconter et nous apprendre.