- Première
Cinque secondi commence par une opposition. Un homme bourru et reclus dans sa maison d’un côté, une communauté de jeunes solaires et rieurs dans les vignes en face de chez lui de l’autre. Deux générations, deux rapports différents à la vie, à ce qu’on peut attendre d’elle. Le film ne tendra ensuite que vers une dissolution de cette friction : chacun apprend à connaître l’autre, les flashbacks et développements solitaires expliquent tout comportement un brin pessimiste. Il va ainsi d’Adriano surtout, ce cinquantenaire quasi dépressif dont on apprend peu à peu qu’il est avocat de formation et accusé dans un drame familial. La mise en scène de Virzì cherche absolument la clarté, mais en voulant à ce prix rendre l’autre compréhensible, pardonnable, le cinéaste empêche l’advenue d’un trouble, l’existence même du mal. Il reste alors cette impression de voir deux films en même temps, qui auraient en réalité peu de choses à se raconter.
Nicolas Moreno


