Première
Les vacances d’Ester en Italie ne seront pas de tout repos : elle doit amener David, son fils atteint d’un trouble mental, une brouille avec ses amis la pousse à partir sur un coup de tête, où ils font la rencontre de Zuza, une jeune femme qui se joint à eux. Si de prime abord, Caravane semble souffrir d’un certain systématisme (l’enfant provoque du malaise, les adultes cherchent un lieu où travailler ou dormir…), chacune de ces situations développe avec maîtrise les dynamiques propres à ce trio d’infortune : le désir de l’enfant pour l’inconnue, une lourde violence patriarcale qui rappelle aux deux femmes leur statut, et comment elles sont considérées par le reste de la société… Malgré son sujet, la réalisatrice évite tout pathos pour s’en tenir à la justesse des émotions, sublimées dans les regards que se donnent la mère et le fils, tel un langage secret rien qu’à eux qui ne dit autre chose que l’amour indestructible qu’ils se portent mutuellement.
Nicolas Moreno