Toutes les critiques de Blue heron

Les critiques de Première

  1. Première
    par Lucie Chiquer

    D’abord, Blue Heron prend des allures de joli conte d'été. Direction les années 90, dans le quotidien d'une famille qui emménage dans un quartier paisible de Vancouver. Mais une atmosphère funeste envahit peu à peu le cadre. Le comportement erratique de Jeremy, l'aîné de la fratrie, inquiète ses parents et intrigue Sasha, sa petite sœur. Changement d’époque : vingt ans se sont désormais écoulés et voilà qu’elle tente de faire sens au comportement de son frère aujourd'hui décédé. Face à cette manière de filmer le regard naïf d’une enfant suivi de son douloureux déclic à l'âge adulte, on ne peut s’empêcher de noter des similitudes avec Aftersun. Mais ce qui tient du simple dénouement chez Charlotte Wells devient, dans Blue Heron, un dispositif de mise en scène sophistiqué. Les époques s’entrechoquent, les souvenirs s'entremêlent, et nous, on plonge tête baissée dans ce tourbillon dévastateur.