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D’inspiration baudelairienne, le photographe Antoine d’Agata a choisi le cinéma pour restituer son tour du monde des drogues et des prostituées. Acteur mais aussi témoin, il a passé trois ans à enregistrer les confessions de jeunes femmes qui parlent en voix off dans diverses langues, selon qu'elles viennent de Phnom Penh, Kiev, Tbilissi, Bombay, Kuala Lumpur, Bangkok, San Francisco, Oslo... Le résultat est étrangement poétique, mais l’expérience relève davantage de la contemplation de l’enfer que de la vision rassurante d’un classique documentaire.
Toutes les critiques de Atlas (Documentaire)
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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La variété des langues, dix, quinze, vingt, on ne sait plus, produit comme une hypnose. Les mots et la chair ne semblent plus former qu’un, tandis que le spectateur s’enfonce dans le crépuscule du sens
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Avec une incroyable licence poétique, le photographe Antoine d'Agata sculpte les chairs, interroge la dignité comme l'obscénité dans l'horreur d'un monde en quête de paradis artificiels.
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Ce travail de perdition raisonnée qui devrait produire du pur chaos fait paradoxalement naître des plans sophistiqués, et la complainte des prostituées a été à dessein réinvestie d’une dimension poétique.
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Un film d'artiste. Cet Atlas a quelque chose de mystérieusement beau, et tout ce qu'il a d'éprouvant est ce qui le rend mémorable.
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Loin de faire peau neuve, d’Agata se contente de dégeler le cliché, libérant ses créatures gracieusement vitriolées, de leur écrin de beauté lugubre. L'artiste n’y va pas de main morte, déclinant une à une les figures de son Kâma-Sûtra de la souffrance ; comprenant, au comble du pathos narcissique, un autoportrait sous la douche, la tête recouverte d’un sac plastique.
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La forme, très travaillée, finit par rendre les témoignages inaudibles. Trop d'art tue parfois...


