Toutes les critiques de Anemone-Les Racines du mensonge

Les critiques de Première

  1. Première
    par Frédéric Foubert

    Quand Daniel Day-Lewis a annoncé son départ à la retraite en 2017 (au moment de Phantom Thread), les cinéphiles ont réussi à garder leur sang-froid : ils savaient tous qu’il finirait par changer d’avis. Il nous avait déjà fait le coup dans les années 2000, abandonnant un temps l’art dramatique au profit de la cordonnerie. C’est cette fois-ci son propre fils, le réalisateur débutant Ronan Day-Lewis, qui l’a convaincu de revenir aux affaires. Et il est d’ailleurs question dans Anemone d’une affaire de famille et d’un père s’étant retiré du monde. En Angleterre, Jem (Sean Bean) part chercher son frère Ray (Day-Lewis), qui vit en ermite au fond des bois, hanté par son implication dans le conflit nord-irlandais. Les causes de son trauma vont être progressivement révélées, dans une alternance de plages contemplatives et de monologues de Day-Lewis façon démonstrations de force, qui semblent presque intimer au spectateur l’ordre d’applaudir. Le fils Day-Lewis a du style, dans un registre clippesque gorgé de guitares orageuses et sous influence Magnolia (jusqu’au climax émotionnel à base de phénomène météorologique), mais le film s’égare dans son atmosphère brumeuse exagérément opaque. Que les fans de Day-Lewis qui seraient déçus par ce come-back en demi-teinte ne se fassent cependant pas trop d’inquiétude : il reviendra.