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Ou quand un coup de poker avec de jeunes réalisateurs finit par un procès.

20 millions de dollars. C'est le budget estimé du film Lock Out  produit par EuropaCorp, la société de Luc Besson. Un montant qui, s'il ne rivalise pas avec certains budgets énormes à Hollywood (le premier volet de la franchise Pirates des Caraïbes a coûté plus de 140 millions de dollars par exemple), était déjà inespéré pour deux jeunes réalisateurs. Pour ce film de science fiction, Luc Besson et son équipe ont en effet misé sur du sang neuf en propulsant James Mather et Stephen St. Ledger à la réalisation. 

Un joli coup pour le duo repéré sur la toile par la société de production grâce à leur première réalisation, le court-métrage Prey Alone (2004). Huit ans après ce film, les deux réalisateurs quasiment inconnus - seul James Mather avait déjà un pied dans le monde du septième art grâce à son rôle de directeur de la photographie dans plusieurs courts métrages -, se retrouvent en haut de l'affiche avec Lock Out, un film d'EuropaCorp, dans lequel ils dirigent Guy Pearce, Maggie Grace ou encore Vincent Regan. Il y a pire comme début...

De la France à la Serbie

Après six mois de travail sur le scénario avec Luc Besson, le duo a misé sur une méthode prisée par les Américains pour présenter leur vision du film au cinéaste français : un story-board et des maquettes. Sûrs d'eux, les deux hommes n'ont d'ailleurs pas hésité à contredire le réalisateur/producteur lorsque certains choix, personnages et traits de l'intrigue posaient problème. Leur seul but : le convaincre qu'ils avaient vu juste.

 

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C'est à Belgrade, en  Serbie, qu'a été tourné le long-métrage. Mais c'est une équipe irlandaise de post-production qui a été engagée pour Lock Out. Un choix pas anodin car il a permis à la production de faire une belle économie en bénéficiant de crédits d'impôts irlandais. Pas bête. Après la Serbie, le reste du boulot a été effectué entre la France et l'Irlande. Si l'hexagone a été choisi pour le montage et l'étalonnage, l'Irlande a vu la naissance des effets spéciaux du film.

Un accueil inattendu

Fraîchement accueilli par les critiques - "un thriller d’action à l’ancienne, réalisé sans économies d’énergie, à regarder après avoir débranché son cerveau", écrivions-nous ainsi dans notre critique -, Lock Out n'a pas fait trembler le box office mondial en engrangeant moins de 30 millions de dollars. Deuxième claque pour EuropaCorp : la société s'est pris un procès pour plagiat par John Carpenter

Luc Besson a-t-il réellement plagié John Carpenter ?

Ce dernier, qui affirmait que Lock Out n'était qu'un remake dans l'espace de son film New York 1997, a d'ailleurs gagné son procès, remportant au passage 80 000 euros versés par EuropaCorp. "Canal + est la compagnie qui, avec moi, détient les droits de New York 1997. Ils sont venus me voir et m'ont dit : 'Luc Besson vous a plagié sur Lock Out.'.. OuLockdown, peu importe ce que c'était. Ils m'ont envoyé le film, et oui, il m'avait bien plagié. C'est la même histoire (rires). (...) Et nous avons gagné ! Mais mes rêves de retraite dorée se sont évanouis parce qu'ils ne m'ont pas donné autant d'argent que Canal+ le souhaitait. Ils voulaient juste se payer Luc Besson. Ils ne l'aimaient pas", a d'ailleurs confié John Carpenter à The Hollywood Reporter.

Et les deux réalisateurs dans tout ça ?

Après cette première belle expérience avec une grosse société de production, James Mather et Stephen St. Ledger ne sont pas devenus des stars à Hollywood, sans pour autant tomber dans l'oubli. Le premier a repris son métier de directeur de la photographie - il a officié pour des courts métrages mais également pour le film Frank de Lenny Abrahamson - tandis que le second a bossé comme assistant réalisateur en 2015 pour la série A.D. The Bible continues et en 2015/2016 sur la série Vikings.  

L'histoire de Lock Out diffusé ce lundi soir à 20h55 sur D8 : 

Ms one est une prison spatiale expérimentale où les 500 criminels les plus dangereux au monde sont maintenus dans un sommeil artificiel. Chargée d’une mission humanitaire, la fille du Président des Etats-unis, Emilie Warnock, arrive à bord de la station. une mutinerie d’une rare violence y éclate. Emilie et l’équipe du Ms one sont prises en otage par les détenus. Le Président décide d’y envoyer l’agent Snow avec pour seule et unique mission de sauver sa fille et personne d’autre…

La bande annonce du film :

 

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