Recep Tayyip Erdogan a pu faire peur en Europe. Elu Président du Conseil en 2003, ce jeune politique issu des rangs islamistes a néanmoins réussi à séduire par son discours européaniste et progressiste. Ses réformes modernisent nettement la Turquie, mais dans l'ombre, Erdogan reste l'homme dur et conservateur que ses conseillers redoutent. L'islamiste naît dans les quartiers pauvres d'Istanbul. Son père autoritaire l'oblige à abandonner le football pour devenir imam. Recep Erdogan trouve en la politique une échappatoire en même temps qu'une réponse aux problèmes de la Turquie, soumise à la dictature des militaires. Adhérent du parti islamiste Refah, il prêche à la tribune comme dans une mosquée et convainc assez vite. Devenu maire d'Istanbul en 1994, il montre néanmoins une forte volonté de moderniser sa ville d'origine. Le métro est lancé, le système des égouts amélioré ainsi que les transports. La ville prend son allure moderne et propre en même temps qu'elle restaure le patrimoine de la Corne d'or.Mais sa lecture dans une mosquée d'un poème issu du mouvement radical déplait. Emprisonné, il vit très mal son séjour à l'ombre et en ressort changé. Le progressiste pense désormais qu'on peut conjuguer islam et modernité. Son parti, l'AKP, se veut « démocrate musulman », comme on dit démocrate chrétien en Europe. Elu en 2003, la Turquie change sous son mandat. Il renoue avec l'Union et entame des négociations d'adhésion. Abolition de la peine de mort, droits des minorités élargis, élargissement de la liberté d'expression : aucun homme politique, depuis Atatürk, n'avait autant changé la Turquie. Sans oublier la réconciliation avec la Grèce, qui soutient l'entrée de son voisin dans l'Union. Mais certains problèmes demeurent. La reconnaissance du génocide arménien et de la République grecque chypriote, la reconnaissance des minorités kurde et chrétienne sont encore facteurs d'inquiétude dans l'Union. Erdogan se montre ouvert en public mais réservé en privé sur ces questions. Ses racines en font toujours un conservateur opiniâtre. Le changement, jusqu'à un certain point, mais pas plus loin. Carrière1971, Assistant d'imam de mosquée1975, Adhère aux Jeunesses du Parti islamiste du Salut national, le MSP1976, Il renonce définitivement à sa carrière dans le football1980, Son parti est interdit après le putsch militaire1983-2001, Adhère au Parti de la Prospérité1994-1998, Maire d'Istanbul1998, Emprisonné après avoir récité un poème nationaliste dans une mosquée2001, Il fonde le Parti de la Justice et du Développement, l'AKP, et en devient PrésidentDepuis 2003, Président du Conseil
| Nom de naissance | Erdogan |
|---|---|
| Genre | Homme |
| Profession(s) | Politicien |
| Avis |

