Genre Homme
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Biographie

Après des études à l'Ecole supérieure d'art et de design de Cologne, Jürgen Klauke débute sa carrière comme dessinateur. Il ne réalise ses premiers travaux photographiques qu'assez tardivement, en 1970 (à l'époque, le médium n'est pas encore reconnu dans le monde de l'art). Par sa démarche conceptuelle, il ouvre une nouvelle voie et parvient à rompre avec la photographie traditionnelle.   Son ouvrage Moi et moi, dessins quotidiens et séquences photo (1971) illustre bien ses débuts : le photographe se met en scène dans ses propres oeuvres. Jürgen Klauke, qui se fait également apprécier comme performeur, se plait à provoquer en vue d'inciter les regardeurs à réfléchir sur la consommation des biens artistiques.    En prenant de fausses identités, Jürgen Klauke rejoue le drame des conflits humains. Il s'empare, avec difficulté, de divers accessoires pour stigmatiser les méandres de notre société : le manque de communication, l'avidité de sexe, le manque d'amour, l'absence d'envies personnelles (dans son cycle « Formalisation de l'ennui » datant de 1979-1980, il matérialise ce phénomène en encastrant sa tête dans une chaise), l'incompréhension de certaines formes identitaires (il s'attaque, entre autre, au sujet de l'androgynie), le besoin d'autorité, la nécessité d'obéissance... Le corps devient un objet permettant d'illustrer ses principales théories (quelques critiques entrevoient son art comme l'une des sources d'inspiration du body art). Il se dissout parmi eux.   Jürgen Klauke use d'un langage formel très simple permettant d'aller directement à l'essentiel. Les mises en scène et décors sont particulièrement dépouillés. Aucun élément susceptible de distraire l'attention n'est présent dans cet univers quasi-monochrome. Tous sont choisis en fonction de leur symbolique, et sont répétés (une manière de montrer la répétitivité du quotidien). Rien ne relève de l'accessoire, de l'inutile. L'artiste s'habille en costume sombre et garde un visage impassible. Ses postures sont très raides. Il ressemble à un automate, un robot ; une condition qui n'est pas sans rappeler la littérature d'anticipation.   Ses clichés sont souvent arrangés en polyptyques ; ce qui leur confère une dimension narrative. Malgré le caractère plus qu'improbable de la plupart des actions, celles-ci semblent presque aller de soi.   Les clichés de Jürgen Klauke laissent transparaître une certaine forme d'humour noir : le corps de l'artiste apparaît toujours sérieux et en proie à un désespoir certain. Peut-être que le rire représente après tout la seule possibilité de sortir de des mécanismes perturbateurs de notre civilisation ?Quelques oeuvres majeures :Formalistion de l'ennui, 1979-1980. Gélatine d'argentDämmerattacke (Série « Les Névroses du dimanche »), 1990-1991. Tirage argentique. 120 x 149 cm.Kontrollierter Abgang I (Série « Le Désastre du moi »), 2003. Tirage argentique. (4 x) 50 x 70 cm.Poésie des toilettes (Série « Le Désastre du moi »), 2003. Tirage argentique. (4 x) 50 x 70 cm. Beziehungsgeflecht (Série « Le Désastre du moi »), 2003. Tirage argentique. (5 x) 50 x 70 cm.Kontrolierter Abgang II (Série « Le Désastre du moi »), 2003. Tirage argentique. (4 x) 50 x 70 cm.Hoffnungsträger (Série « Le Désastre du moi »), 2003. Tirage argentique. (4 x) 50 x 70 cm.Poésie des toilettes (Série « Le Désastre du moi »), 2003. Tirage argentique.(5 x) 50 x 70 cm.Über der Malerei (Série « Le Désastre du moi »), 2003. Tirage argentique. (3 x) 77,5 x 107 cm.Aesthetische Schmierstelle (Série « Le Désastre du moi »), 2003.Tirage argentique. (6 x) 50 x 70 cm. [Illustration : Jurgen Klauke, Desaströses Ich, 2003. Tirage argentique. 50 x 70 cm. Courtesy Galerie Cent8, Paris]