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Biographie

Entretien : Invité en novembre 2007 à participer à un collogue sur le design numérique au Centre Pompidou (dans le cadre des Entretiens du nouveau monde industriel), nous avions eu l'occasion de le rencontrer. Voir l'entretien vidéo avec John Maeda sur le blog Aeiou. Je pense que le but du design -; ou de quoi que soit d'autre -; est de comprendre ce que cela signifie de dire : il y a du design, il y a de l'art, il y a de la science. Ces mots sont vraiment contraignants. Posez-vous plutôt la question : quelle est la signification du terme vivre ? Car la vie est tout... John Maeda est un artiste visuel, un designer et un enseignant associé au Media Lab du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il a acquis une renommée internationale pour son travail de designer web et objet en signant des créations pour Absolut Vodka, Cartier, Shiseido. Il est également auteur de nombreux livres théoriques et expérientaux consacrés au design, à la typographie et au code numérique. Le dernier en date, paru en France à la suite de sa première exposition personnelle à la Fondation Cartier en 2OO7, est tout simplement intitulé De la simplicité. Né en 1966 à Seattle dans une modeste famille d'immigrés japonais, John Maeda entreprend patiemment un savant double cursus ; il obtient consécutivement un diplôme d'ingénieur en mathématique et programmation au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), puis, en 1992, un doctorat d'art et de design à l'Université de Tsukuba (Japon). A vingt-neuf ans, Maeda quitte le Japon pour enseigner la typographie et le design d'interfaces graphiques au MIT. Le franc succès de ses cours lui permet d'accéder, trois ans plus tard, à la direction de l'Aesthetics and Computation Group et d'entreprendre d'ambitieux programmes de recherche expérimentale tels que « Design by numbers » (2002). Destiné à l'apprentissage simplifié du web design, ce langage s'érige en alternative à la fastidieuse programmation axée sur les mathématiques ; une perspective qui incitera, par la suite, deux de ses étudiants à développer l'environnement Processing.Depuis 2003, Maeda gère le Physical Language Workshop, un laboratoire expérimentant de nouveaux environnements pour les services émergents sur le Web (e-commerce, éducation à distance...). Son étude actuelle, « Simplicity » (lancée en janvier 2005), découle d'une prise de conscience : la technologie doit s'adapter à l'humain, et non l'inverse. Réévaluant le traitement de l'information, l'enseignant stigmatise les excès de la sophistication et simplifie délibérément les interfaces (principe du « less-tech »). Son défi : forger des technologies plus proches des sensations humaines afin d'éviter toute frustration et désenchantement.En parallèle à sa production sur papier - publicités pour Absolut Vodka (1997), Cartier (2004), couverture du New York Times (1999) -, Maeda s'ingénie, depuis ses débuts, à concevoir des espaces de convivialité pour des sites commerciaux. Parmi ses principales commissions, un bandeau festif pour les trois ans de Sony online (1998) et un autre, tout aussi cinétique, pour l'association japonaise de l'Inter Media Design (1997) - une phrase dansante, compassée de caractères de sa police Tangram. Il propose également sur son site internet de nombreux modules ludiques, gratuits et non commerciaux.John Maeda est père de 5 filles et vit avec sa femme Kris, qu'il ne manque pas de citer et de remercier à chacune de ses interventions à l'étranger. Lire notre portrait complet de John Maeda par Jean-David Boussemaer (en deux parties).