Genre Homme
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Biographie

Né en 1921 à Grenade-sur-Garonne, Jean Dieuzaide est très tôt sensibilisé à l'art par ses parents. Adolescent, il participe ainsi à plusieurs compétitions d'aéromodélisme à Cannes et s'intéresse à la photographie. Elève particulièrement studieux, il tente d'intégrer une grande école mais des soucis de santé l'en empêchent. Il décide alors d'embrasser une carrière de reporter photographique en tant que pigiste. En 1942, Jean Dieuzaide est mobilisé et occupe un poste de photographe (très vite reconnu, il ne tarde pas à être promu chef du service photographique de la région Pyrénées-Gascogne). Deux ans plus tard, il photographie la libération de Toulouse et effectue un célèbre portrait du Général de Gaulle. Au sortir du conflit armé, il prend le pseudonyme de Yan, décide de valoriser sa région et de ne photographier que des sujets lui paraissant dignes d'intérêt. Avec sensibilité, il porte son attention sur ses semblables, les personnes modestes et les gestes du quotidien. Son objectif : fixer sur le papier des traces les émotions humaines telles que la joie et l'angoisse. Fasciné par les avancées technologiques, Jean Dieuzaide répond à de nombreuses commandes d'Air France. A travers ses clichés, il tente de nous faire comprendre comment en partant du réel, il est possible d'atteindre des visuels à la limite de l'irréel, du registre poétique et onirique. Egalement intéressé par l'art roman, Jean Dieuzaide aborde la dimension sacrée au sein de plusieurs photos en noir et blanc. En tant qu'auteur ou en tant qu'illustrateur, il est à l'initiative de nouveaux ouvrages, pour la plupart publiés aux Editions Arthaud. Selon lui, « sur le plan spirituel, le noir et blanc offre beaucoup plus de possibilité de projections de soi-même et possède une poésie et une musique bien plus riche... le regard glisse, découvre l'éventail fabuleux de la gamme des tons mis à la disposition du photographe. » Se considérant fort modestement, plus comme un artisan de la photographie que comme un artiste, Jean Dieuzaide est longtemps resté ignoré des historiens de l'art (en 1954, il déclare « Il ne nous faut pas chercher à faire oeuvre d'art, mais à nous exprimer... »). Cela ne l'empêche pas de se faire apprécier par ses pairs : ses reportages lui apportent de nombreux prix. En 1954, il reçoit de l'Association des Gens d'Images le prix Niepce, puis, en 1961, le prix Nadar. Ardent défenseur de la photo, il est de ceux (avec Clergue, Edouard Boubat, Denis Brihat, Jean-Claude Gautrand, Jean-Claude Lemagny...) qui, en 1970, et lancent les Rencontres Internationales de la photographie. Quatre ans plus tard, il fonde la première galerie consacrée à la cette pratique, la Galerie du Château d'Eau. Quelques oeuvres majeures : Die stillende Mutter , 1950. Gélatine d'argent. 56 x 47 cm Dalí dans l'eau, 1953. Gélatine d'argent. 33.5 x 24.5 cm La Gitane du Sacro Monte, Grenade, 1953 La petite fille au lapin, 1954. 30 x 24 cm Tiulinda, Nazaré, 1954 Barque-Lune, Viera de Leiria, Portugal, 1954 Four de cracking, 1957 Portrait de Denis Brihat, 1957 La terre voit, 1964 Ralph Gibson, Arles, 1975