Nom de naissance Hebbel
Genre Homme
Avis

Biographie

Friedrich Hebbel est né le 18 mars 1813.Bien qu’il ait rénové le genre de la tragédie bourgeoise et qu’il soit souvent présenté comme un précurseur du théâtre symboliste, Friedrich Hebbel, poète, dramaturge et nouvelliste allemand du XIXe siècle, reste méconnu hors des frontières germaniques. Rien ne prédestinait le jeune Friedrich Hebbel à embrasser la carrière de dramaturge et poète dans laquelle il s’est particulièrement distingué, et qui sera une source d’inspiration pour le grand Henrik Ibsen.Né dans un milieu modeste, son père étant un simple maçon, Hebbel manifeste un talent précoce pour les belles-lettres et particulièrement pour la poésie. Il impressionne assez la journaliste populaire et auteure de contes de nourrice, Amalie Schoppe, pour parvenir à faire publier ses vers dans la revue littéraire, le Hamburg Modezeitung. C’est d’ailleurs grâce au parrainage de cette dernière qu’il intègre l’université de Hambourg en 1836. L’année suivante, il poursuit des études de droit à Heidelberg puis se consacre à la philosophie, à l'histoire et à la littérature à l’université de Munich. Il retourne finalement à Hambourg en 1839 où il retrouve Élise Lensing, une fidèle amie qui lui a offert un soutien indéfectible lors de ses précédentes crises de dépression à Munich. En elle, il retrouve aussi une muse qui l’inspirera pour ses poésies et tragédies à venir. Judith, sa première tragédie, voit le jour la même année bien qu’elle soit éditée en 1841. Elle est jouée sur scène à Berlin et Hambourg à partir de 1840 et lui attire popularité et célébrité dans toute l’Allemagne. Il poursuit avec une autre tragédie, Genoveva (1840) puis parachève une comédie qu’il avait commencé à écrire à Munich, Le Diamant (1841). Grâce à une bourse d’études accordée par le roi Christian VIII du Danemark en 1842, il parcourt l’Europe, visitant la France et passant deux années en Italie (de 1844 à 1846). Paris l’inspire assez pour voir naître une de ses plus fameuses tragédies de la vie courante, Maria Magdalena (1844). Son retour d’Italie s’effectue sous les meilleurs auspices puisqu’arrivé à Vienne, il y rencontre deux admirateurs polonais et mécènes providentiels les frères Zerboni di Sposetti. Fascinés par le talent du dramaturge, ils le convainquent de se mêler à l’intelligentsia autrichienne et de s’établir à Vienne, ville qu’il ne quittera plus. Pour échapper à la précarité de sa vie d’alors qui le révulse, il décide de sacrifier sa liberté et son amour pour Elise Lensing sur l’autel de la poésie et de la poursuite de l’excellence artistique dont la concrétisation ne peut se faire que loin des turpitudes matérielles. Il épouse donc en 1846 une riche et belle actrice, Christine Enghaus, brisant le cœur de sa muse - qui pourtant ne le quittera jamais et lui restera dévouée jusqu’à la mort – mais s’assurant une vie confortable. Grâce à ce qu’il considère cependant comme le meilleur acte de sa vie, il peut enfin se concentrer et se donner corps et âme à son art.En 1849, il devint rédacteur de page littéraire. Peu de temps après la mort de son égérie de toujours en 1851, il écrit Mère et fils, poème épique sur le thème de la relation parent-enfant comme facteur essentiel à la conquête du bonheur quelque soit la classe sociale ou les conditions de vie de l’individu. Hérode et Marianne (1850), considéré par l’artiste comme son chef-d’œuvre, expose les mobiles de deux personnages également coupables et innocents, quant à l’œuvre Agnès Bernauer (1855), elle dépeint le pouvoir innocemment destructeur de la Beauté en conflit avec les intérêts d’état. Dans son œuvre la plus ambitieuse, Les Nibelungen (1862), Hebbel cherche à motiver en termes « purement humains » le tournant historique de l’acceptation de la chrétienté par le peuple allemand. Il est dès lors considéré dans toutes les capitales d'Europe comme le plus grand dramaturge allemand parmi ses contemporains et honoré de nombreuses distinctions par les princes allemands. Il reçoit entre autres une flatteuse invitation à résider à Weimar par le Grand duc de Saxe-Weimar, mais la décline pour terminer ses jours à Vienne. Parmi ses autres œuvres, on compte : Michel Angelo (1850) - en deux actes, Julia (1851), Gygès et son anneau (1856), Les Nibelungen (1862) – trilogie, et Demetrius (1864). Parmi ses comédies, on peut également citer Une Tragédie en Sicile (1845) et Le Rubis (1850). Il est à noter que bien que son œuvre soit rédigée en langue allemande et qu’il soit considéré comme un poète et dramaturge de culture allemande, Friedrich Hebbel porta jusqu’à sa mort la nationalité danoise. En effet, le duché de Holstein où il est né a appartenu à la couronne danoise jusqu’en 1864.Friedrich Hebbel meurt le 13 décembre 1863 à Vienne. Wagner lui rendra un hommage indirect en utilisant ses travaux pour créer la gigantesque tétralogie de L'Anneau du Nibelung. Ses œuvres complètes ont été éditées pour la première fois en douze volumes par Emil Kuh – son fils spirituel- à Hambourg en 1866-1868.