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Biographie

S'il y a bien une personne pour remplacer un Ariel Sharon gravement malade à la tête du gouvernement israélien, c'est Ehud Olmert. Premier ministre intérimaire en janvier 2006, il devient Premier ministre tout court après la victoire du parti Kadima aux élections législatives de mars 2006. Un parti voulu par Ariel Sharon et Ehud Olmert. Lassés de la pression des ultraconservateurs au sein du Likoud, Ehud Olmert est l'artisan d'une nouvelle idéologie dans le monde politique israélien. Dure et réaliste à la fois, ferme et apte à négocier quand les circonstances l'autorisent. Ensemble, les deux hommes oeuvrent au départ des colons de la Bande de Gaza, en août 2005, tout en faisant bâtir un mur de séparation avec la Cisjordanie. Car Ehud Olmert veut opposer l'idéal israélien au principe de réalité. L'accroissement démographique des Arabes, qui seront deux fois plus nombreux que les Juifs en 2025, doit selon lui obliger Israël à s'isoler pour se sauvegarder. Négocier les frontières pour mieux préserver l'existence de la démocratie israélienne. Pourtant, Ehud Olmert n'a pas toujours suivi cette philosophie. Partisan de l'autorité, il s'insurge, lorsqu'il est député de la Knesset, contre le départ des troupes israéliennes du Sinaï occupé. Son mandat de maire de Jérusalem, de 1993 à 2003, il le consacre à créer des infrastructures pour la partie Est pour mieux la coloniser. Son revirement idéologique, il le doit à Benyamin Netanyahou. La rivalité constante des deux hommes au sein des divers gouvernements des deux dernières décennies pousse Ehud Olmert à définitivement soutenir Ariel Sharon. Isolé, Netanyahou quitte le gouvernement en 2005, tandis qu'Ehud Olmert crée le parti Kadima pour le Premier ministre. Fier héritier d'Ariel Sharon, il conserve l'autorité d'un homme politique qui ne se laisse pas faire, qui refuse la négociation avec une organisation terroriste et garde dans l'esprit que le droit d'Israël à exister prime sur tout le reste. Un premier ministre en chute libreMais le premier ministre est rattrapé par les affaires. Une enquête secrète engagée par la police révèle qu'il a pratiqué des manoeuvres de corruption, de financement illégale de campagne et d'abus de pouvoir alors qu'il était maire de Jérusalem (1993-2003) puis ministre de Commerce, de l'Industrie et du Travail (2003-2005). Ehud Olmert a monté une affaire de fausses factures. Diverses associations à but non lucratif payaient de manière cumulative ses voyages à l'étranger, ce qui lui a permit d'engranger jusqu'à 100.000 dollars sur son compte. L'affaire a scandalisé l'opinion, car Ehud Olmert a floué des entités comme Yad Vashem, l'Autorité pour le souvenir des martyrs et héros de la Shoah, l'Aleh, une association qui vient en aide aux enfants handicapés ou encore une association de soutien aux veuves et orphelins des soldats de l'armée israélienne.Les médias poussent le chef du Kadima vers la porte de sortie. Au même moment, le Yedioth Ahronoth publie un sondage qui annonce que 79% des membres du parti Kadima souhaitent sa démission. La chute est brutale. Ehud Olmert avait déclaré au début de l'enquête qu'il démissionnerai en cas de mise en examen. Le 30 juillet, il tient sa parole. En larmes, il annonce qu'il quittera son poste après les primaires de son parti le 17 septembre, où Tzipi Livni est favorite pour sa succession. En attendant les élections anticipées du 10 février, Ehud Olmert mène un gouvernement de transition. Il a proclamé sa volonté de "poursuivre les efforts" en vue d'un rapprochement avec les palestiniens ou les syriens. L'objectif ? Parvenir à un accord, au moins sur papier, qui parachève les négociations lancées par les américains en 2007 à la conférence d'Annapolis. Mais ses velléités pacifiques tombent à l'eau le 17 décembre 2008, jour de la fin de la trêve entre le Hamas et Israël. Le mouvement islamique, qui gouverne la bande de Gaza, reprend alors ses tirs de missiles vers le sud d'Israël. Ehud Olmert, sous la volonté officielle de mettre fin à ces tirs, lance l'offensive "Plomb durci" à Gaza, une attaque d'un mois qui laisse derrière elle 1.330 morts palestiniens, et l'image d'un Etat agresseur aux réactions disproportionnées.   Carrière 1973-1998, Député de la Knesset 1981-1988, Membre du cabinet de sécurité du ministère des affaires étrangères 1988-1990, Ministre sans portefeuille, chargé des minorités 1990-1992, Ministre de la santé 1993-2003, Maire de Jérusalem 1999, Il est battu par Ariel Sharon aux élections internes du Likoud Depuis 2003, Député de la Knesset 2003-2006, 1er Vice-premier ministre et ministre de l'industrie, du commerce et du travail 2003-2005, Ministre des communications 2005, Ministre des finances par intérim 2005, Adhère au parti Kadima Depuis 2006, Premier ministre israélien et Président de Kadima