Après des études de peinture dans les écoles d'art de Zürich et de Bâle, Beat Streuli décide de pratiquer la photographie. Ses premiers clichés -; publiés dans l'ouvrage Rome-Paris -; datent de 1988. Avec insouciance, Beat Streuli arpente et photographe les badauds de nombreuses villes (Copenhague, Glasgow, New York, Tokyo...). « Sans intention et sans a priori ». Il ne tente pas d'en savoir plus sur les habitants et ne procède pas à une analyse sociologique. Son appropriation de la ville à lieu lors de ses déambulations. Parfois, il travaille en collaboration avec les promeneurs. A Tarragone, par exemple, il demande à de jeunes post-adolescents de 16 à 18 ans, de poser sans tenir compte de sa présence. A d'autres instants, comme à Marseille, il capture les passants à leur insu avec son téléobjectif. Beat Streuli aime voir sans être vu ; traditionnellement exploité par les militaires et les voyeurs, le téléobjectif lui permet de plus facilement obtenir ce qui l'intéresse : des photographes de personnes naturelles. Beat Streuli ne s'intéresse nullement au spectaculaire et s'intéresse plutôt aux atmosphères d'ensemble. Il aime focaliser son attention et isoler de la foule des visages en plan serré, des détails urbains ou encore des fragments de corps. Chacune de ses séries est attachée à une ville, dispose d'une particularité et est exposée de manière singulière. En 1997, Beat Streuli réalise la série « Shibuya », montrant des portraits d'adolescents japonais coupés à mi-corps (le contexte est volontairement évincé pour éviter de distraire le regard). Il en expose neuf dans les abribus. Sans slogan, ni texte (il n'y a aucune indication du nom de l'artiste, du contexte de réalisation...), celles-ci se démarquent discrètement des affiches publicitaires, agissent en tant que présence dans la ville et proposent une ouverture à quiconque le souhaite. Tout comme Nan Goldin, Beat Streuli se plait à projeter des diapositives. Durant les Rencontres Internationales de la Photographie (1998, Arles), l'artiste projette en fondu-enchaîné - pendant une trentaine de minutes - trois séries de d'images de sa série « Marseille ». Du 29 juin 2000 au 27 août 2006, Beat Streuli expose des visages monumentaux dans les encadrements de fenêtres du Palais de Tokyo (façade de l'avenue du Président Wilson). De manière inattendue et originale, ceux-ci transforment le centre d'art en une gigantesque boîte à lumière au travers de laquelle se superposent les images de la ville. Quelques oeuvres majeures : Oxford Street 97, n°34/12, 1997. C-Print. 151 x 201 cm Portrait de groupe Tarragona, 96', 1998. C-Print monté et encadré sous Plexiglas. 151 x 201 cm New York, 2000-2001. C-print. 152 x 200 cm George Street Bus Stops 01-23-01, 2001. Deux vidéos sur moniteurs Sydney, 2002. Série de photo couleur. 151 x 201 cm Sydney Bus Stops, 2002. Série d'impressions jet d'encre. 32 x 44 cm Sydney Cars 02, 2002. Projection diapositives 2 écrans, 170 diapositives, 400 x 600 cm chaque, 18 min 8th Ave/35th St 02., , 2003. C-print présenté dans un glass box en acrylique. 151 x 201 cm Osaka 03_66/17, 2004. C-print présenté dans un glass box en acrylique. 151 x 201 cm Los Angeles 03, 2004. R-print. 60 x 80 cm [Illustration : Beat Streuli, Sydney 02 - 60/10, 2002. Photo couleur. 151 x 201 cm. Courtesy galerie Anne de Villepoix, Paris]
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