Un petit jeu de piste amusant, malgré de grosses ficelles et des personnages odieux. À voir sur Netflix.
Jon Bernthal dodeline. Il se balance mécaniquement du pied droit au pied gauche, avec cette attitude caractéristique de lion en cage qui a fait sa réputation. Il met ses petits pas d’hypersensible et son intensité permanente au service d’une enquête labyrinthique, située à Dahlonega, dans la chaleur étouffante de la banlieue d’Atlanta, où le corps d’une jeune femme, lardé de coups de couteau, a été retrouvé dans la forêt. L'inspecteur Jack Harper est sur le coup. Sauf que Jack Harper a couché avec la victime quelques heures avant. Oups ! Et puis sa femme, Anna, débarque en ville pour couvrir l’affaire : elle bosse pour la chaîne de télévision locale. Reporter aux dents longues, elle avait disparu depuis des mois après la mort brutale de leur fille. Mais Anna revient, bien décidée à relancer sa carrière, quitte à pourrir les investigations de son mari de flic… surtout qu’Anna aussi connaissait bien la victime.
Vous l’aurez compris : His & Hers - à voir en ce moment sur Netflix - est ce genre de thriller à tiroirs qui vit et meurt par le twist. Le script s’auto-alimente en révélations croustillantes. Tout le monde a quelque chose à cacher dans cette petite ville pétrie de mensonges, et on voit vite où veut nous emmener cette adaptation d’un polar de 2020 signé Alice Feeney : les retournements s’enchaînent et le jeu consiste à deviner qui est le tueur qui terrorise Dahlonega.
Le dispositif est résolument fun durant les quatre ou cinq premiers épisodes, qui plantent parfaitement le décor et les faux-semblants. On se laisse mener en bateau sans déplaisir. La chorégraphie est amusante. Mais la chanson n'en vaut pas tout à fait la chandelle. Tout s’effondre quelque peu avec le sixième épisode final : une conclusion outrancière truffée d’incohérences, d’artifices scénaristiques et d’un ultime twist qui a bien du mal à nous faire danser.
D’autant qu’au-delà des révélations, la série est peuplée de personnages odieux — et même un peu benêts. Le pauvre Jon Bernthal donne corps à un enquêteur aussi bestial que balourd. Face à lui, Tessa Thompson n’en finit plus d’aligner les sourires narquois face caméra. À tel point que la dimension mélo que tente d’imposer His & Hers laisse totalement de marbre. N’est pas Knives Out qui veut.
His & Hers, mini-série en six épisodes, à voir sur Netflix depuis le 8 janvier.







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