En adaptant la bande dessinée impressionnante de Xavier Dorison, la nouvelle création originale de Canal+ ose s’aventurer dans un territoire inédit. Son concepteur, Guillaume Lemans, nous livre sa vision.
C'est une aventure historique pas comme les autres, qui vous attend ce soir sur Canal+.
Les Sentinelles adapte la BD de Xavier Dorison (parue entre 2009 et 2014) au fil d'une fresque rétro-futuriste qui rejoue la Grande Guerre à sa manière, en y injectant une bonne dose de science-fiction. On y suit un bataillon de super soldats, boostés par un sérum développé dans les labos de l'armée française, pour venir à bout des Allemands en train de prendre le dessus dans les tranchées. Gabriel, poilu blessé au combat, se retrouve cobaye malgré lui, bientôt gagné par une puissance nouvelle et destructrice.
Une hybridation rare dans le paysage télévisuel ou cinématographique français, revendiquée par le créateur Guillaume Lemans (Dans la brume), qui nous explique sa manière de voir la série :
"On n’est pas tout à fait dans une uchronie. On est plutôt dans un récit de genre steampunk", précise à Première Guillaume Lemans. "Parce qu'on ne fait pas varier les grands éléments de l'Histoire de France. Il y a dans la série de la technologie ou des détails presque futuristes qui tiennent du fantastique. Mais on est toujours dans l'Histoire que nous connaissons, dans la Grande Guerre, avec Verdun etc. Notre technologie n'a pas fait dévier le cours de l'Histoire. Peut-être que ça viendra dans d'autres saisons, mais pour le moment, on est dans la fusion des genres."
Les auteurs de la série ont ainsi adapté le concept original de la bande dessinée, mais ont ensuite pris beaucoup de libertés, en inscrivant leurs Sentinelles dans une histoire plus vaste, qui sort des champs de batailles et mixe fantastique, mystique et espionnage. Cette fusion était, de l'aveu même du scénariste, "un peu casse gueule sur le papier." Heureusement, la série a pu compter sur "de très bons réalisateurs et une excellente équipe technique, qui ont donné une esthétique visuelle qui fonctionne, et ce, dès le départ. Parce qu'il faut qu'on y croie tout de suite. Il y a besoin de cet ancrage réaliste fort, pour qu'on puisse ensuite insuffler à ce récit des couches diverses, notamment de la SF. Cette fusion de plein de genres nous permet d'avoir un univers qui se déploie, et qui pourrait s'étendre à l'avenir."
L'héritage de Jules Verne
Mais à la croisée de tous ces genres, c'est bien le "steampunk" qui caractérise le mieux la série pour Guillaume Lemans. Une approche quasi inédite sur le petit ou le grand écran dans l'Hexagone :
"Le steampunk, c'est presque un mouvement plastique, qui regroupe beaucoup de choses. Le steampunk, c'est vraiment lié à l'idée d'un récit technologique. Il y a du Jules Verne dans le steampunk. Le Nautilus de Némo, c'est du steampunk à mon sens ! Et du coup, cela donne une légitimité aux auteurs français pour s'emparer de ce genre et écrire du steampunk, une forme de SF qu'on peut peut-être faire plus facilement..."
Une dimension visuelle et sensorielle que souligne aussi Louis Peres. L'interprète de Gabriel voit dans le steampunk, "un genre extrêmement graphique. L'imaginaire est décuplé. Ça permet d'aller plus loin dans les émotions. Plus encore que dans une fiction naturaliste j'ai l'impression..."
Un genre pour interroger l'humanité
En l'occurrence, Les Sentinelles utilise le genre pour interroger l'humanité. La série ne se résume pas à une démonstration esthétique. Derrière les machines rétro-futuristes, elle questionne la place de la science dans la guerre. Une réflexion qui fait même écho aux thématiques d'un certain Oppenheimer (2023) de Christopher Nolan.
"La guerre de 14-18, en pleine période industrielle, a servi à inventer des dizaines de machines de mort : le lance-flammes, la grenade, le tank, les avions de chasse... Les Sentinelles, c'est l'aboutissement de tout ça au fond, comme l'apothéose de cette course à l'armement", explique Lemans.
La saison 1 des Sentinelles, en 8 épisodes, est à voir à partir de ce lundi 29 septembre sur Canal + .







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