Luc Besson et Caleb Landry Jones sur le tournage de Dracula : A Love Tale
LBP

Grâce à Flow, gagnant de l'Oscar du Meilleur d'animation en mars dernier, mais aussi grâce au Dracula de Luc Besson ou encore au succès d'Emilia Pérez en Amérique du Sud.

Si la fréquentation dans les salles de l'Hexagone n'a pas toujours été au beau fixe, l'an dernier, le cinéma français se porte bien hors de ses frontières.

Selon les estimations publiées par Unifrance à l’occasion de la Journée de l’export au CNC, la production tricolore a généré 42,5 millions d’entrées dans les salles étrangères en 2025, soit un total estimé à 272 M€ de recettes globales. Des chiffres solides, dans le prolongement direct de 2023, qui traduisent une progression de 6 % du nombre de spectateurs en un an, en phase avec la dynamique du marché mondial qui a connu un exercice 2025 positif. Unifrance confirme ainsi la résilience du cinéma français sur les marchés étrangers, dans un contexte de concurrence renforcée.

Cette performance repose sur plusieurs locomotives identifiées. Du côté des films français majoritaires, Dracula de Luc Besson arrive en tête avec 3,7 millions d’entrées et 22,3 M€ de recettes dans 41 pays. Il est suivi par Falcon Express de Jean-Christian Tassy et Denoît Daffis (2,3 millions d’entrées et 11,6 M€, 43 pays), puis Emilia Pérez de Jacques Audiard (1,6 million d’entrées et 9,9 M€ dans 50 pays).

Zoe Saldana, Karla Sofía Gascón dans Emilia Perez
Saint-Laurent Productions

Mais c’est bien du côté des coproductions minoritaires françaises que le rayonnement est le plus spectaculaire. Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau du réalisateur letton Gints Zilbalodis domine largement avec 7,8 millions d’entrées et 39,3 M€ de recettes dans 59 territoires, devant Je suis toujours là du Brésilien Walter Salles (2,3 millions, 18,9 M€) et Valeur sentimentale de Joachim Trier (800 000 entrées, 7,4 M€).

Sur le plan géographique, l’Amérique latine s’impose comme la deuxième zone mondiale pour le cinéma français, derrière l’Europe occidentale, avec 8,8 millions de spectateurs, soit 23,1 % des entrées étrangères – un record régional. Le Mexique - certainement grâce à Emilia Pérez - s’affirme comme le premier territoire en nombre d’entrées, au sein d’un Top 10 qui concentre près des deux tiers du total.

Flow
Dream Well Studio, Sacrebleu Productions, Take Five

Autre moteur clé : l’animation, qui totalise plus de 13 millions d’entrées, son troisième meilleur cumul historique, et atteint une part de marché record de 34,3 %.

La comédie et le drame restent les piliers de l’offre, même si la première peine davantage à s’imposer à l’export, contrairement au second, plus proche de ses standards historiques.

Enfin, si la France cède en 2025 sa première place dans les grands festivals internationaux au profit des États-Unis, sa présence demeure structurelle, avec 24,1 % des sélections et plus de 20 % des films programmés, tandis que 3 000 œuvres françaises ont bénéficié d’au moins une sortie sur les plateformes étrangères. Autant d’indicateurs qui confirment une réalité : en salles comme au-delà, le cinéma français continue de peser dans le paysage mondial.