Donald Trump Star Wars
Capture X The White House

"WE WANT MOVIES MADE IN AMERICA, AGAIN!" Le Président américain étend sa guerre commerciale à l'industrie cinématographique et menace de déstabiliser le marché mondial.

Pas de doute, ça va faire causer sur la Croisette la semaine prochaine. Tandis que le Festival de Cannes s'apprête à ouvrir ses portes, Donald Trump vient de balancer une bombe qui risque de faire tousser jusqu’aux marches rouges.

Dimanche soir, sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a annoncé qu’il "autorise" le Département du Commerce américain ainsi que le représentant au commerce extérieur à lancer un processus visant à imposer une taxe de 100 % sur tous les films produits à l’étranger. Et pas que pour les films chinois ou russes — tous les films étrangers, donc aussi les films produits en France !

"L'industrie du cinéma en Amérique meurt à toute vitesse", écrit Trump. "Les autres pays offrent toutes sortes d’incitations pour attirer nos réalisateurs et studios. C’est un effort coordonné. C’est une menace pour la sécurité nationale. Et en plus de tout, c’est de la propagande ! WE WANT MOVIES MADE IN AMERICA, AGAIN!"

Résultat ? Panique à Hollywood. Réunions de crise dans les grands studios, flou juridique total, incertitude sur les films déjà tournés à l’étranger (n'est-ce pas Avatar 3, Avengers : Doomsday ou Mission: Impossible – The Final Reckoning principalement tournés au Royaume-Uni). Une seule chose est sûre : personne n’avait vu venir ça.

Pour l’instant, Trump n’a rien signé. Il a juste donné l’"autorisation" de lancer le processus. Mais même cette annonce suffit à ébranler l’industrie, déjà mal en point depuis le Covid. Comme le résume abasourdi le magazine américain spécialisé Variety : "Personne — absolument personne — à Hollywood ne demande une taxe sur les films étrangers. Qui veut ça ? Pas Hollywood."

tournage Mission: Impossible 8 - The Final Reckoning
Paramount

D’autant plus que l’annonce soulève plus de questions que de réponses. Un film tourné à moitié à l’étranger et monté à Los Angeles, est-il concerné ? Et un film produit par Disney en Nouvelle-Zélande, est-ce un importation ou une simple extension maison ? Et les plateformes ? Netflix produit à l’étranger mais diffuse partout… où commence et où finit "l’Amérique" dans cette histoire ?

On le sait, les studios américains tournent depuis des années en Canada, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande, Hongrie… pour des raisons fiscales, logistiques ou artistiques. Les grosses franchises comme James Bond ou Fast and Furious en profitent pour faire le tour du monde caméra au poing. Et pour Trump, cela devient une menace.

Alors, opération com’ ou vraie stratégie protectionniste ? Pour l'heure, Trump s’est contenté de dire qu’il "autorise" le représentant au commerce et le Département du Commerce à imposer cette taxe de 100 % sur les films étrangers. Il n’a pas dit qu’il allait réellement le faire. Et comme souvent avec ses menaces de tarifs, il lui est déjà arrivé de passer à l’acte... comme de reculer sous la pression. Avant de se retrouver à Cannes, le monde du cinéma retient son souffle.