Danny DeVito – La Guerre des Rose : "J'aime quand il y a de la surprise"
FOX

Un grand classique de la comédie noire, porté par Michael Douglas et Kathleen Turner.

Aujourd'hui, ce sont Olivia Colman et Benedict Cumberbatch qui se déchirent au cinéma dans la nouvelle version de La Guerre des Rose. Il s'agit bien sûr d'un remake moderne du classique de 1989, modèle de comédie noire réalisée par Danny DeVito. Une satire sociale à l’humour grinçant qui cachait, au passage, une charge tragi-comique contre l’institution du mariage bourgeois obsédé par les possessions matérielles, transformant un divorce en champ de bataille destructeur.

Du livre au film

Avant même cette adaptation au cinéma, il y a le roman caustique de Warren Adler (paru en 1981), qui raconte la lente dérive d’un couple apparemment parfait – les Rose – dont l’amour laisse place à la haine, jusqu’à l’autodestruction. Le roman d’Adler suivait Jonathan et Barbara Rose. Pour l’écran, ils devinrent Oliver et Barbara Rose, campés par Michael Douglas et Kathleen Turner. En 2025, le remake plus britannique rebaptise le couple Theo et Ivy Rose, incarnés cette fois par Olivia Colman et Benedict Cumberbatch.



Clin d'oeil à l'Histoire

Le titre, La Guerre des Rose, renvoie à la Guerre des Deux-Roses, un épisode bien connu de l'Histoire britannique, qui opposa au XVe siècle les maisons de York et de Lancastre pour le trône d’Angleterre.

Un rôle à part pour Michael Douglas

En 1989, l'acteur a 45 ans et il est au sommet : il sort de Liaison fatale, vient de décrocher l’Oscar pour son Gordon Gekko de Wall Street et tourne la même année le thriller neo-noir Black Rain de Ridley Scott. Des rôles sérieux, sombres. A priori, la comédie noire, ce n'est pas vraiment son registre. Il l’avouait lui-même à Première il y a quelques années : "Je ne suis pas vraiment connu comme un acteur de comédie. J’ai fait À la poursuite du diamant vert, La Guerre des Rose ou Wonder Boys. Quelques rôles comme ça… mais pas plus."

Danny DeVito, vieil ami et complice

Aux manettes de La Guerre des Rose, on trouve Danny DeVito. L'acteur signe là son deuxième long-métrage et fait venir ses partenaires de À la poursuite du diamant vert et Le Diamant du Nil. En effet, en 1984 et 1985, le couple Douglas / Turner est au coeur de l'aventure américaine avec ces deux films pop-corn, dans lesquels DeVito apparaît aussi. Leur alchimie est déjà rodée. Et ce n'est pas un hasard : Michael Douglas et Danny DeVito sont amis de longue date. Il nous confiait : "Danny est un très vieil ami. On a été colocataires à New York, juste après la fac. On était un peu un vieux couple. Après je suis parti en Californie, mais on est toujours très proches."

Le Diamant du Nil
Fox

Un Goonies au casting

Parmi les seconds rôles, on retrouve un jeune Sean Astin, tout juste sorti des Goonies, qui incarne le fils du couple. Le casting compte aussi Philip Perlman, beau-père de DeVito dans la vraie vie (il est le père de Rhea Perlman, épouse de l’acteur à l'époque).

Une fin sans compromis

Les studios rêvaient d’une conclusion adoucie, laissant croire qu’Oliver et Barbara pourraient survivre à leur chute finale. Mais Turner, Douglas et DeVito tinrent bon : pas question d’édulcorer. Ils imposèrent un dénouement radical, cruel et inoubliable – qui fit beaucoup pour la réputation du film.

La Guerre des Rose 1989
Disney

Un succès colossal

Avec 30 millions de budget, le film rapporte plus de 160 millions de dollars dans le monde (87 M aux États-Unis, 73 M à l’international). En France, il attire quasiment 1 million de spectateurs. C’est le plus grand succès en tant que réalisateur pour DeVito (six films à son actif).

Reconnaissance critique

Danny DeVito trouvera la consécration en étant retenu en sélection officielle pour l’Ours d’or à Berlin grâce à ce film, qui se fera aussi une place de choix lors des Golden Globes 1990 : nomination pour Kathleen Turner (Meilleure actrice comédie/musical) et pour Michael Douglas (Meilleur acteur).

Le succès du film vu par Danny DeVito

Dans une interview à Première, le réalisateur de La Guerre des Rose analysait ainsi la réussite de sa comédie :

"Je crois que j’aime quand les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être, quand il y a de la surprise, de la dualité chez les personnages. Les Rose, c'est l'exemple parfait : ils se rencontrent, tout est parfait, le sexe est formidable et puis à un moment, ça chie dans le ventilo. (Rires.) Je ne sais pas si c’est très original, mais je le fais avec ma sensibilité. Je prends un concept qui existe depuis longtemps et je le passe au mixeur. Ça reste une structure en trois actes, mais tu tortures un peu tes personnages, tu leur mets un coup de bambou au bon moment et tu les regardes s’agiter !"