Jamel et Philippe Lacheau
Jean Louis Hupe / ATG / FAHA2026

Le Marsupilami revient. Pas en suite, pas en remake, mais une nouvelle aventure. Lacheau et Debbouze racontent comment ils ont redonné vie à l’animal le plus jaune, le plus rapide et le plus drôle du cinéma français.

À l’Alpe d’Huez, Jamel a traversé le festival comme une tornade : blagues en rafale, énergie incontrôlable, et un Marsupilami hurlé à chaque couloir. Sur scène avec Philippe Lacheau, c’était pire : une folie électrique qui a retourné la salle. Derrière ce chaos parfaitement orchestré, un véritable enjeu : réinventer un mythe de la BD et de l'imaginaire populaire sans refaire le Chabat. Offrir une aventure familiale ambitieuse, et prouver que le Marsupilami peut encore surprendre le cinéma français. On a causé à ces deux spécialistes de l'humour.

Revenir au Marsupilami, treize ans après le film d’Alain Chabat, c’était une prise de risque énorme. Pourquoi y aller ?
Philippe Lacheau :
Parce que c’est un rêve de gosse. Je suis fan de Franquin, je voulais absolument toucher à ce personnage. Mais impossible de faire une suite ou un remake : Alain a fait SON film, très BD, très cartoon. On devait trouver notre terrain.

Jamel Debbouze : Et ce terrain, c’est le film familial. Fifi voulait un vrai divertissement pour tous, de 7 à 77 ans. Un film populaire, clair, lumineux. Je lui avais dit dès le départ : pas de zizi ! Et c’est ce qui m’a séduit : on n’était pas là pour refaire le premier, mais pour proposer une autre aventure.

Concrètement, comment on trouve “son” Marsupilami ?
P.L. :
En repartant de zéro. On a tout redessiné : la démarche, les expressions, la façon dont la queue bouge. L’animal devait être drôle, mais crédible dans un monde réel. On a bossé comme des fous sur son comportement : il est curieux, malin, mais pas magique. Il fallait qu’il reste un animal avant d’être un gag.

J.D. : Et Philippe est un psychopathe du détail. Je l’ai vu passer vingt minutes à régler un demi-mouvement de queue (rires). Mais il a raison : le Marsu n’est pas une mascotte, c’est un personnage. Si tu n’y crois pas, le film s’écroule.

Marsupilami
PATHÉ FILMS - BAF PROD - TF1 FILMS PRODUCTION - ARTEMIS PRODUCTIONS

Le film s’éloigne beaucoup du style Chabat. C’était une contrainte ou une nécessité ?
P.L. :
Une nécessité absolue. Alain fait du Alain, personne ne peut lui voler ça. Nous, on est partis vers une grande parodie d’aventure, presque un hommage à E.T. : un animal extraordinaire qui débarque dans le réel et bouleverse tout.

J.D. : Je fais un peu le pont entre les deux mondes. Les spectateurs arrivent avec un souvenir très fort du film de 2012. Le nôtre les rassure - oui, il y a bien un Marsupilami - mais les emmène ailleurs. Deux propositions différentes, deux pays différents. Et moi qui suis le passeport.

Philippe, vous avez aussi dû revoir votre style : pas de gros mots, pas de trash…
P.L. :
Oui, c’était un vrai challenge. On voulait une comédie familiale sans jamais ennuyer les adultes. Du coup, on a déplacé le curseur : plus de situations, plus de visuel, moins d’ironie. Ça demande une écriture beaucoup plus précise.

Marsupilami
Christophe Brachet

Et comment on dirige Jamel Debbouze dans un tel cadre ?
P.L. :
On lui donne des vraies situations comiques. Pas juste “allez, fais ton numéro”. Jamel a besoin d’un terreau pour jouer. Quand le dispositif est solide, il apporte sa folie, ses ruptures, ses idées.
J.D. : Oui, j’aime quand la scène est déjà drôle sans moi. Le reste, c’est du bonus. Avec le Marsu dans les pattes, c’est simple : tu joues vrai, et lui fait le reste (rires).

Le Marsupilami est un personnage culte. Vous aviez peur d’abîmer un mythe ?
P.L. :
Tout le temps ! On marchait sur des œufs. La BD est sacrée, l’univers aussi. On a travaillé avec des fans hardcore, des animateurs passionnés. Chaque modification devait avoir du sens.

Au final, c’était quoi votre ambition ?
P.L. :
Offrir une aventure grand public qui fasse rire et rêver. Ni pastiche, ni redite : notre version du mythe.
J.D. : Et permettre aux gens de retrouver une créature qu’ils aiment, mais sous un autre angle. Comme si le Marsupilami vivait vraiment parmi nous.

Et alors, le Marsu… il est comment ?
J.D. :
Il est trop mignon. Et il court plus vite que Philippe.
P.L. : (rires) Il joue mieux que nous deux réunis. Et il demande beaucoup moins de prises.


Synopsis officiel : Pour sauver son emploi, David accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess, son fils Léo, et son collègue Stéphane, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos !

Sortie le 4 février en salles