David Fincher Mank Gone Girl
Première/Netflix/20th Century Fox

"Que voulez-vous, je suis lent", répond le réalisateur avec humour dans Première.

Mank, le prochain film de David Fincher sortira le 4 décembre sur Netflix. Au cours d'un long entretien, le réalisateur détaille dans le nouveau numéro de Première (n°512 - novembre 2020) la création de ce film en noir et blanc qui plonge les spectateurs dans le Hollywood des années 1930, plus précisément au coeur de la fabrication de Citizen Kane, le premier film d'Orson Welles réalisé à partir d'un scénario de Herman J. Mankiewicz.

Sept choses à savoir sur Mank, le nouveau David Fincher

Gone Girl, le dernier film de David Fincher, était sorti en France le 8 octobre 2014. Six ans se sont donc écoulés depuis cette adaptation du thriller de Gillian Flynn avec Rosamund Pike et Ben Affleck. Soit la plus longue pause de la carrière de David Fincher, un an de plus que la période déjà interminable qui avait séparé Panic Room (2002) de Zodiac (2007). Le cinéaste n'a pas bullé pour autant, travaillant sur une série sur les serial killers pour Netflix, Mindhunter, et produisant, toujours pour la plateforme, l’anthologie animée de Tim Miller, Love, Death + Robots. Il voulait aussi tourner la suite de World War Z avec Brad Pitt, son acteur de Seven (1995), Fight Club (1999) et L'Etrange histoire de Benjamin Button (2008), mais ce projet a fini par tomber à l'eau. Dans Première, le réalisateur détaille pourquoi son retour à la mise en scène d'un long métrage a mis autant de temps. Extrait.

David Fincher en a "probablement" terminé pour de bon avec Mindhunter !

Première : Gone Girl date de 2014, ça commençait à faire long, non ?
David Fincher : J’ai fait les deux saisons de Mindhunter et... Au départ, je devais juste aider à mettre la série sur des rails, il n’était pas prévu que je sois showrunner. Et puis, par défaut, je le suis devenu, avec deux autres personnes. Et disons qu’il est possible que ce ne soit pas mon point fort, finalement. Je dois être trop obsessionnel et tatillon pour tenir ce rôle.

Au final, ça fait quand même très peu de films signés David Fincher...
Que voulez-vous, je suis lent. Quand j’ai le sentiment qu’un truc est prêt à être tourné, ça peut aller très vite. The Social Network, tout était en place, on n’avait plus qu’à choisir les acteurs. Mais ces situations-là sont rares, les cas où tu lis un script et où tu dis : « OK, les gars, écartez-vous, on s’y met. » Vers 2007-2008 puis 2010-2011, j’ai enchaîné relativement vite, en tout cas selon mes standards habituels : Zodiac et Benjamin Button puis The Social Network et Millénium. Mais je ne suis pas certain que cela ait été une si bonne chose que ça au final. En tout cas, j’avais besoin de recharger mes batteries. Maintenant, si j’ai signé ce deal Netflix, c’est aussi parce que j’aimerais travailler comme Picasso peignait, essayer des choses très différentes, tenter de briser la forme ou de changer de mode de fonctionnement. J’aime l’idée d’avoir une « œuvre ». Eh oui, j’admets que ça me fait bizarre, après quarante ans dans ce métier, de n’avoir que dix films à mon actif. Enfin onze, mais dix dont je peux dire qu’ils sont à moi. Oui, objectivement, c’est un constat assez terrifiant.

Propos recueillis par Léonard Haddad

L'interview complète de David Fincher est à retrouver dans le nouveau numéro de Première. Voici son sommaire :

Première n°512 : En couverture : Interview de David Fincher
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Au sommaire de Première n°512 : David Fincher, Valérie Lemercier, Sofia Coppola, George Clooney, Laurent Lafitte... Je m'abonne J'achète ce numéro