Révélé dans la série The Crown, O’Connor s’est depuis rendu indispensable au cinéma grâce à son magnétisme et son charme discret. Chez Steven Spielberg ou Kelly Reichardt, l’année qui vient lui est acquise.
Le magnifique Rebuilding et Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés à peine sortis, Josh O’Connor s’apprête déjà à rouler sur 2026 dans des rôles et des films aux antipodes : Le Son des souvenirs d’Oliver Hermanus, où il joue un prodige de la musique au coté de Paul Mescal ; The Mastermind de Kelly Reichardt, qui le met dans la peau d’un père de famille voleur à la petite semaine ; le très attendu Disclosure Day de Steven Spielberg dans lequel il apparaîtra en… sauveur du monde face aux extraterrestres, si l’on en croit la mystérieuse bande-annonce ? Un des rôles principaux quoi qu’il arrive, et on pourrait même le voir cette année ou celle d’après dans Jack of Spades, première réalisation de Joel Coen depuis des lustres.
Secret anglais bien gardé jusqu’à fin 2019 où il se révèle au monde entier dans la série The Crown, Josh O’Connor impressionne d’emblée par son sourire charmeur et ses oreilles décollées (« détail » qui lui a certainement permis de décrocher le rôle de Charles III). Sa tête de guy next door permet au public de s’identifier à lui, mais son charisme et sa sincérité qui débordent de l’écran le placent d’emblée dans une sphère à part. Rian Johnson, qui l’a casté en révérend Duplenticy dans Wake Up Dead Man sur conseil de Daniel Craig, en dresse un portrait très juste dans les pages de nos confrères de GQ : « Disons que de la même manière qu’il y a d’un côté des bons acteurs et des stars de cinéma, il existe de grands acteurs qui s’avèrent être aussi des stars de cinéma… Je crois que Josh appartient à cette catégorie. » Grand comédien et grande star, effectivement, le profil ne court pas les rues.
Hermanus se souvient « d’une photo de lui. En la voyant, on se disait : ‘Mon Dieu, il est intéressant sous tous les angles.’ Il a cette capacité à changer de visage… On peut se l’imaginer de plein de façons différentes. Pour moi, c’est ce qui fait de lui une star : on peut plonger en lui. »
Troisième rôle par deux fois chez Stephen Frears dans les années 2010 (The Program et Florence Foster Jenkins), il se fait réellement un nom au cinéma en 2023 dans le troublant La Chimère d’Alice Rohrwacher. Un rôle - principal - d’archéologue aux frontières du réel, capable de ressentir l’emplacement de tombes étrusques. Succès d’estime, suivi quelques mois plus tard par l’explosion Challengers. O’Connor, qui avait vécu sa célébrité liée à The Crown en plein confinement, se retrouve cette fois physiquement au coeur de la tempête.
Compliqué pour cet homme discret, pas franchement armé pour le star system. À la première londonienne du film de Luca Guadagnino, il hallucine : « C’était fou de voir se percuter ces deux faces de moi-même : d’un côté tous ces photographes, ma carrière, et de l’autre mes proches, les personnes les plus adorables au monde ; j’étais en mode : ‘Qu’est-ce que tu fous là ?’ » À GQ toujours, il précise avoir été « dépassé » et être allé pleurer dans les toilettes du cinéma.
Le succès s’est installé, mais ce type timide et peu sûr de son talent vit toujours en lui. Alors il s’est planqué à la campagne, bien à l’abri des regards et de la foule. Sur le tournage du Spielberg, sa co-star Emily Blunt raconte qu’il fallait se démener pour parvenir à le convaincre de venir dîner avec le reste du casting.
Un artisan surdoué qui aime bosser dans son coin, et ne semble pas vouloir épuiser inutilement son magnétisme. Ce qui n’empêche pas une certaine ambition : quand Timothée Chalamet fait ouvertement savoir qu’il veut faire partie « des grands » aux SAG Awards, O’Connor trouve ça « rafraîchissant que quelqu’un ose dire : ‘Je veux faire partie des meilleurs’. Et après je me suis dit : ‘C’est super que tu aspires à ça, mais j’espère que tu y aspires aussi dans ta vraie vie, et que tu ne parles pas de grandeur seulement par rapport au métier d’acteur (…) Je crois qu’il faut vraiment éviter que le métier ne devienne le seul objectif. » Un acteur de ce calibre avec un rapport sain à l’importance toute relative de son art ? Ça existe donc encore ?
Entre deux tournages, et même parfois pendant, il avoue aussi s’adonner à la poterie et la broderie. Un guy next door, on vous dit. C’est Oliver Hermanus qui résume le mieux le personnage dans une interview accordée à The Ankler : « Josh a ce truc qui le rend incroyablement énigmatique et présent dans l'instant. On peut facilement tomber amoureux de lui, mais on ne peut jamais vraiment le connaître » La résolution du mystère Josh O’Connor devra attendre 2026.







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