Nom de naissance du Ryer
Nationalité Français
Genre Homme
Profession(s) Dramaturge
Avis

Biographie

Pierre Du Ryer est un écrivain français, né au sein d’une grande famille de nobles et d’intellectuels. Un auteur dramatique acharné dans son labeur qui ne reculera ni devant l’effort, ni devant l’échec. Pierre Du Ryer est aussi un traducteur méticuleux et un historiographe de renommée. Son histoire, en plein XVIIe siècle, rompt totalement avec les préjugés sur la condition des hommes issus du milieu aisé, dont on attend une prédisposition à tout avoir, sans rien faire.Pierre Du Ryer voit le jour en 1605. Il est le fils du poète Isaac Du Ryer, éminent littéraire qui lui transmet la fibre poétique. Il apprend assez tôt, de la bouche de son père, que les acquis les plus certains peuvent eux aussi se perdre, et que la vie aisée demande beaucoup de travail et d’efforts. Ce sont assez de motivations qui font qu’il s’attelle consciencieusement à sa tâche estudiantine, à la même époque que son illustre contemporain Pierre Corneille.A l’âge de 21 ans, il obtient la charge de secrétaire du Roi, privilège qu’il ne tiendra pas longtemps. Il se retrouve dans l’obligation de faire un mariage peu avantageux. Cette situation le mène finalement à la vente de sa charge. Ainsi, à bout de ressources pour soutenir sa famille, il est contraint d’entrer à la charge du Duc de Vendôme en la qualité de secrétaire. Il va alors vivre des années d’instabilité professionnelle assez précaires. Pierre Du Ryer se retrouve souvent dans un état de gêne financière, ce qui lui confère à un moment donné l’obligation de s’incliner réellement et de se faire exploiter. Il travaille par exemple à des prix insignifiants en tant que traducteur pour des libraires sans scrupule, à un écu la feuille. Mais pendant ce temps, il n’a de cesse d’écrire des tragédies et des tragi-comédies, comme au goût de l’époque ; il faut dire que le genre est un véritable phénomène de mode. Tout auteur faisant sensation par une œuvre théâtrale dans ce thème est adulé. La réussite de ses œuvres est reconnue par ses contemporains. L’écrivain grammairien Gilles Ménage, par exemple, loue les mérites de sa tragédie d’Alcyonée, en 1639. Dans un élan similaire, les frères Parfaict vantent la tragédie de Scévole.En 1646, Pierre Corneille et lui déposent leur candidature à la déjà prestigieuse Académie Française. Il s’agit là d’un des tournants les plus importants de sa vie, comme pour tout intellectuel français cherchant à incorporer ce panthéon de la littérature. Le 21 novembre 1646, son admission est une véritable consécration pour Pierre Du Ryer, qui a l’ambition d’aller au-delà des limites de la simple poésie de son père. Il est surprenant de nos jours de savoir que sa candidature fut retenue en préférence à celle de Corneille. Il brille, ou plutôt il excelle. Il développe une plume, un style, un lexique très personnel. Ainsi, il obtient l’opportunité d’occuper le neuvième fauteuil, entre Nicolas Faret et César d’Estrées. Parmi ses pièces de théâtre les plus importantes, dont la majorité d’entre elles sont des tragédies, on peut citer Lucrèce (1637), Saul (1642), Esther (1643), Thémistocle (1648) et les tragi-comédies intitulées Argenis et Poliarque, première journée (1630), Argenis, seconde journée (1631), Lysandre et Caliste (1632), Les Vendanges de Suresnes, comédie (1636), Alcimédon (1634), Cléomédon (1635), Clarigène (1638), Bérénice, tragédie en prose (1645), Nitocris (1650), Dynamis (1653) et Anaxandre (1655). Il rédige également de bonnes traductions de grandes œuvres telles que Cicéron, la plus estimée. Entre autres, il réactualise à sa manière de vielles traductions comme celles d'Hérodote (1645), Tite-Live (1653), Polybe (1655), Ovide (1660), Sénèque (1667), ou encore Quinte-Curce. Malheureusement, étant déjà engagé avec les libraires qui lui prennent tout son temps et son énergie, il ne pourra plus s’atteler à perfectionner ses derniers ouvrages.Pierre Du Ryer meurt le 6 novembre 1658 à Paris à l’âge de 53 ans.