Jia Zhang-Ke
Avis: 
Sexe: 
Homme
Profession: 
Réalisateur, Scénariste

Biographie: 

Jia Zhang-Ke, ou Jia Zhangke, est un cinéaste chinois né en 1970 à Fenyang, dans la province de Shanxi. Il est célèbre pour ses films The World, Still Life, Useless, 24 City et Tian Zhu Ding.Jia Zhang-Ke est un des cinéastes chinois les plus admirés et respectés par la critique internationale. Il appartient aux réalisateurs dits de la « Sixième génération », qui émergent dans les années 1990. Les cinéastes chinois comme Zhang Yimou étaient célèbres pour leurs grandes fresques historiques, leurs volontés de puiser dans la tradition et les mythes chinois. Si leurs films pouvaient contenir un message critique sur la politique et les dirigeants actuels, cette remise en question de la Chine était transposée sous forme métaphorique dans un ailleurs historique ou imaginaire.Dans les années 1990, Jia Zhang-Ke a contribué à l’émergence et à la promotion d’un cinéma réaliste aux prises directes avec la vie quotidienne des Chinois et notamment les réalités jusque-là niées : modernisation brutale, jeunesse désœuvrée et désemparée, corruption, chômage, sexualité, SIDA, etc. Sa volonté de tourner en milieu urbain, de démythifier la Chine en en montrant les réalités actuelles doit souvent composer avec la censure chinoise. Mal distribué dans son pays, Jia est paradoxalement beaucoup plus connu à l’étranger.Son cheminement vers la réalisationJia Zhang-Ke est né en 1970 à Fenyang, une petite ville de la province rurale de Shanxi. Sa famille y avait été déplacée, avant sa naissance, pendant la Révolution Culturelle. Son grand-père qui avait exercé comme chirurgien en Europe avait été touché par le politique de Mao dirigée contre les intellectuels et les plus cultivés. Ayant grandi à la campagne, Jia est profondément marqué par ce mode de vie rural et se montre d’autant plus sensible à la modernisation brutale des campagnes et à la migration des paysans vers les villes, dans les années 1980.Jia étudie la peinture à l’école des Beaux-Arts de Taiyuan et publie un roman en 1991, The Sun hung on the Crotch avant de s’orienter vers le cinéma. Il intègre ainsi l’Académie du film de Pékin au début des années 1990. Il y fonde avec quelques amis un « groupe du film expérimental », considéré comme la première structure de production indépendante chinoise, et commence à réaliser des courts-métrages. En 1995, son premier court Xiao Shan Huijia relate le retour d’un jeune homme dans son village natal pour y fêter le Nouvel An et les nombreuses difficultés qu’il rencontre. Ce court aborde déjà les thèmes chers à Jia et témoigne d’une recherche stylistique. Il utilise des inserts dans son film, comme des coupures de journaux ou des extraits de magazines télévisés. Ce procédé qui illustre concrètement la vie quotidienne des Chinois n’est pas dénué d’ironie et souligne souvent l’absurdité de certaines situations.Premiers longs métragesIl réalise, l’année suivante, un second court-métrage - Du Du - avant de tourner Xiao Wu artisan pickpocket, son premier long, en 1997. Ce film raconte le retour d’un pickpocket dans sa petite ville et ses efforts pour s’adapter aux changements qui ont bouleversé la ville, comme le développement d’une économie de trafic et de marché noir dirigée par quelques profiteurs à la fois craints et respectés. Dans ce premier film qu’il scénarise et réalise, Jia développe déjà son style particulier : réalisme accentué, lenteur des plans, analyse quasi-documentaire de la société chinoise. Si le réalisateur respecte les cinéastes chinois, il se plaît à citer surtout ses influences étrangères, en particulier asiatiques (Hou Hsiao Hsien, Ozu) et européennes (Bresson). Grâce à  Xiao Wu, artisan pickpocket, Jia se fait connaître hors des frontières chinoises et entre en contact avec la maison de production de Kitano.Au début des années 2000, il tourne plusieurs films très bien accueillis par la critique internationale. Si Xia Wu artisan pickpocket avait été tourné en pellicule, il opte dès son deuxième film, Platform, pour le numérique et privilégie une image de plus en plus colorée. Il scénarise ses films, ajoutant parfois la casquette de directeur de la photographie (In public, Useless) ou de monteur (In public).Jia Zhang-Ke et le cinéma documentaireEn 2006, il retrouve son actrice fétiche Zhao Tao qu'il a notamment fait tourner dans Plaisirs inconnus (2002) et The World (2004) pour Still Life. Le film relate la quête d’un homme et d’une femme à la recherche de leurs époux respectifs dans la région où se construit le barrage des Trois Gorges. Ce chantier gigantesque qui a provoqué le déplacement d’un million de Chinois et la destruction de nombreux villages lui inspire également le documentaire, Dong.Car le réalisateur montre un grand intérêt pour le documentaire qui influence ses œuvres de fiction très réalistes. Jia semble aimer brouiller les frontières entre fiction et documentaire et faire dialoguer ces deux genres. Still Life séduit la critique et se voit décerner un Lion d’or à la Mostra de Venise en 2006. Après le succès de ce film, Jia Zhang-Ke réalise Useless, qui montre à travers la production de vêtements dans différents endroits, les destins contrastés d’individus.Jia Zhang-Ke et le Festival de CannesEn 2009, il réalise un documentaire, 24 city, sur un complexe d'appartements de luxe où se côtoient trois générations de personnes. Ce film a été présenté en Sélection officielle en Compétition lors du Festival de Cannes 2008. Deux ans plus tard, en 2010, il revient à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard avec son documentaire I Wish I Knew : Histoires de Shangaï. Dans ce film, il dresse un panorama de la ville portuaire chinoise, regroupant 18 témoignages d'individus qui expliquent comment ils ont vu changer leur Shangaï, comment cette ville s'est transformée depuis les années 30.Il faut ensuite attendre l'année 2013 pour retrouver Jia Zhang-Ke, au Festival de Cannes, où il présente en compétition officielle son film Touch of Sin (Tian Zhu Ding) qui remporte le Prix du scénario. Son film marque une rupture stylistique avec ses précédents films. Après avoir fait le constat de l'évolution de la Chine, le réalisateur va plus loin en montrant les conséquences extrêmes de ces changements.En 2014, il devient juré dans le jury du Festival de Cannes, alors présidé par Jane Campion. L'année suivante, il revient à Cannes en sélection officielle pour présenter Mountains may depart.

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