James Ivory
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La biographie de James Ivory
James Ivory a été un temps une curiosité : un Américain très britannique qui faisait des films en Inde. Les qualités mêmes de son cinéma découlaient de cette particularité : étranger partout, il semblait contempler d'autres mondes avec respect, émerveillement et humour. Cette distance pudique et complice était un facteur déterminant de la réussite totale de Shakespeare Wallah (1965), une sorte de détachement mais aussi de tendresse et de sensualité.La distance étant chez lui essentielle, il a toujours été gêné par des productions de type traditionnel (le Gourou, 1969 ; The Wild Party, 1975) qui brimaient son dilettantisme. Mais, après quelques productions indépendantes comme Bombay Talkie (1970) ou Autobiographie d'une princesse (Autobiography of a Princess, 1975), il a trouvé un équilibre précaire. Il ne réussit pas tous ses films et la nonchalance de l'approche risque quelquefois de devenir froideur : les Européens (The Europeans, 1979). Mais il reste original et sans concession : Jane Austen in Manhattan (1980) est un film étrange, qui ne ressemble à rien si ce n'est à un Shakespeare Wallah transposé dans un monde moderne ausi dépaysant que l'Inde. Quartet (1981), en revanche, est plus personnel et secret dans sa peinture des intellectuels anglo-saxons perdus dans le Paris de 1927 ; tout comme Chaleur et Poussière (Heat and Dust, 1983), nouvelle variation sur le thème de la confrontation entre l'Orient et l'Occident à travers la vie de deux jeunes Anglaises que l'Inde envoûte également, totalement, à six décennies d'écart. Son uvre la plus méconnue est Roseland (1977) : Ivory y trouvait sa dimension véritable dans le format de la nouvelle cinématographique. La concision y affûtait ses qualités : direction d'acteurs souple, mélange de cruauté et d'émotion, imagerie finement ciselée. Poursuivant ses études de caractères, attentif aux mésalliances dues aux conventions sociales (Chambre avec vue , 1985), aux tourments de l'homosexualité face aux interdits de la société victorienne (Maurice, 1987), à la peinture des milieux artistiques de Manhattan (Esclaves de New York , 1989) ou à celle de l'Amérique « profonde » des années 30 (Mr. and Mrs Bridge, 1990), Ivory s'impose comme un cinéaste original, imprégné de culture européenne et indienne mais capable d'analyser au plus tranchant les murs de ses compatriotes. Son succès quitte la confidentalité avec Retour à Howards End (Howards End, 1992) et les Vestiges du jour (Remains of the Day, 1993) et le couple populaire formé par Anthony Hopkins et Emma Thompson. Ces films ne sont pourtant que le prolongement de ses uvres antérieures. Ainsi institutionalisé, Ivory perd de sa désinvolture et se fige dans une forme d'académisme (Jefferson à Paris, Jefferson in Paris, 1995 ; Surviving Picasso, id., 1996) mais peut de temps à autre retrouver sa sensibilité (La Fille d'un soldat ne pleure jamais, A Soldier's Daughter Never Cries, 1998) ou son élégance (la Coupe d'or, The Golden Bowl, 2000). Il faut impérativement lui associer ses fidèles collaborateurs : le producteur Ismail Merchant et la scénariste Ruth Prawer-Jhabvala (la romancière de Chaleur et Poussière).
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La filmographie de James Ivory
- Esclaves de new york ( 1988)
- Shakespeare wallah ( 1965)
- Autobiographie d'une princesse ( 1975)
- The Bostonians ( 1984)
- Roseland ( 1977)

